jeudi 12 septembre 2013

"Tout est bien qui finit bien" de W. Shakespeare

Pour changer un peu, je me suis lancé dans la lecture d'une pièce de théatre. Mon choix s'est porté sur la pièce "Tout est bien qui finit bien" de William Shakespeare, écrite au début des années 1600.


J'ai été attiré par le titre qui est une expression de la vie courante. J'étais aussi curieux de savoir pourquoi Shakespeare avait ainsi intitulé sa pièce. Afin de mieux comprendre le texte, mon édition était préfacée d'un résumé de l'histoire. Je dois vous avouer que j'ai beaucoup apprécié car j'ai pu me concentrer sur le texte - qui n'est pas si facile à lire - plutôt que de comprendre l'histoire en général. Cette pièce n'est pas la plus connue et la plus jouée de Shakespeare. L'une des principales raisons est qu'il ne s'agit pas tout à fait d'une comédie ni d'une tragédie - comme Roméo et Juliette. A cette mixité de genre, s'ajoute beaucoup de cynisme...

Si je vous résumé l'histoire : Hélène est l'orpheline d'un médecin célèbre et a été adoptée par la comtesse de Roussillon. Le problème est qu'Hélène est amoureuse de "son frère", le comte Bertrand. Malgré sa beauté, elle n'a aucun espoir d'attirer Bertrand car elle est de basse naissance. Cependant, quand un mot lui apprend que le roi est malade, elle se rend à Paris et, utilisant les talents que son père lui a transmis, le soigne. En récompense, elle se voit offrir la possibilité d’épouser tout homme du royaume. Elle choisit Bertrand. Le pauvre n'en a pas envie et se voit marié de force. Il décide donc peu de temps après la noce de fuir en Toscane, en laissant une lettre à Hélène qui l'informe qu’il ne sera jamais son conjoint, à moins qu'elle ne parvienne à lui glisser sa bague au doigt et à tomber enceinte de lui. Problème : la belle Hélène est beaucoup fûtée qu'il ne le pense ! :-)

Quand on a saisit les grandes lignes de l'histoire, on peut en apprécier les arguments (et contre-arguments). Même écrit, il y a 400 ans, cela reste moderne dans la manière. Je vous laisse apprécier mes passages préférés.

Extraits choisis

Des regrets modérés sont un tribut que l'on doit aux morts : le chagrin excessif est l'ennemi des vivants.

La biche qui voudrait s'unir avec le lion doit mourir d'amour.

Dans la république de la nature, la politique n'est pas de conserver la virginité ; sa perte augmente le nombre des sujets. Jamais une vierge ne serait née s'il n'y avait eu auparavant une virginité de perdue. L'étoffe dont vous avez été formée est celle dont on fait les vierges. Pour une virginité perdue on peut en trouver dix : la garder toujours, c'est la perdre pour jamais.

On a vu de grands fleuves sortir de faibles sources, et de vastes mers se dessécher. Souvent l'attente échoue là même où elle promettait le plus ; et souvent elle réussit dans les cas où l'espérance est la plus languissante, et où règne le désespoir.

Ce qui est bon par lui-même est bon sans nom ; et ce qui est vil est toujours vil. Le prix des choses dépend de leur mérite, et non de leur dénomination.

Le danger était de rester auprès de sa femme : c'est la perte des hommes, quoique ce soit le moyen d'avoir des enfants.

La trame de notre vie est un tissu de bien et de mal : nos vertus seraient trop fières si nos fautes ne les châtiaient, et nos crimes seraient au désespoir s'ils n'étaient pas consolés par nos vertus.

Si la fin est aussi heureuse, l'amertume du passé doit la rendre encore plus douce.

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