Dernier livre de la sélection choisie par ma mère pour mon anniversaire : "Elle marchait sur un fil" de Philippe Delerm.
Ce roman raconte l'histoire de Marie, cinquante ans, qui vient d'être quittée par son compagnon et se retrouve seule. Marie ne conçoit pas son existence sans réalisation littéraire ou théâtrale. Et c'est aussi pour cela qu'elle entretient des rapports difficiles avec Étienne, son fils, qui a dû renoncer à une carrière de comédien. Alors perdue, Marie rencontre un groupe de jeunes comédiens qui lui ouvre de nouveaux horizons et décide de se lancer dans ce qui représente l’aboutissement d’une vie : la création d’une pièce de théâtre.
C'est la première fois que je lisais un roman de Philippe Delerm et j'ai adoré ! Le roman s'attaque à une question intéressante : que reste-t-il à créer lorsqu'on entame la seconde partie de sa vie ? L'histoire trace le portrait fragile d'une femme en équilibre "sur le fil de sa vie". Le style est simple, précis et à je-ne-sais-quoi de mélancolique. La fin m'a surprise et n'est autre qu'une métaphore d'un désir, d'une vie "funambule".
Morceaux choisis
Les joueuses du casino devaient avoir des emplois du temps similaires. Le matin les courses, une fois par semaine le coiffeur. Les feux de l’amour à la télé, peut-être, et puis le casino, le vrai moment de la journée. Certaines avaient été heureuses, utiles, et d’autres moins. Elles ne manquaient pas de grand-chose et elles manquaient de tout. Un désir mécanique et froid, sans contours, sans partage. Elles jouaient. Combien de temps encore avant La Petite Madeleine ?
C’est ça qui est le plus dur, je crois. Ne pas savoir quand il a commencé à ne plus être avec moi. En ce moment, j’essaie de vivre dans l’instant, de m’étourdir un peu. Mais après, il faudra regarder en arrière, sans jamais bien savoir ou situer la ligne de démarcation.
Agnès était encore belle, Marie encore jolie. Elles le savaient, comme elles savaient la mélancolie de cet encore. Des hommes leur feraient la cour. Elles ne seraient pas flattées mais reconnaissantes, et plus jamais agacées. Elles les dissuaderaient tout en douceur, garderaient parfois pour eux de l’amitié, ou peut-être un peu plus, sans jamais leur donner d’emprise sur leur vie.
Marie lui avait fait comprendre que son existence allait être un peu bousculée, et qu’elle réduirait le caractère littéraire de son succès probable en apparaissant trop à la télévision, et même en parlant trop à la radio. Sa façon de voir la vie risquerait d’être réduite alors à un physique, une appartenance sociologique identifiables. « Le monde à portée de main » n’apparaitrait plus que comme une production logique, dont l’originalité disparaitrait.
Et je quitte peut-être aussi des gens qui m’aiment pour des chimères et pour des gens que je connais a peine. Je suis sans doute folle. Mais je sens ou le feu de la vie me brûle. J’ai tellement envie de brûler. Et tant pis si je quitte un peu les autres. Je n’en pouvais plus d’être quittée.
Peut-être, ou peut-être pas. Ca me choque de vivre dans une société ou la mélancolie, la tristesse sont des fautes , qu’on n’avoue pas aux autres, et peut-être même a soi-même.
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samedi 27 septembre 2014
lundi 8 septembre 2014
Charlie Chaplin l'écrivain
L'image que l'on a en tête quand on pense à Charlie Chaplin est celle-ci : ce célèbre personnage de Charlot qu'il a créé en 1914.
Qui aurait imaginer que cet enfant londonien qui a crevé la misère entre une mère folle et un père alcoolique puisse toucher tant de monde ? Le succès, Charlie Chaplin y conçoit mais il ne lui fait pas tourner la tête. En plus du cinéma, Chaplin a d'autres projets : la politique et l'écriture. Quand il prend la parole sur des sujets de société, c'est pour défendre les pauvres - car il en a été un. Il a envie d'avoir une action politique et surtout désire être considéré comme un écrivain. Cependant, on l'empêchera d'accomplir ses ambitions.
Mon introduction est un peu énigmatique mais c'est pour mieux introduire deux livres qui sont publiés cet automne et qui reviennent sur les tentatives littéraires de Charlie Chaplin. Vous devez lire Mon tour du monde, série d'articles écrits en 1932-33 par Charlie Chaplin pour le magazine "The Woman's Home Companion" et Footlights, unique roman jamais publié et rédigé en 1948 par Charlie Chaplin lui-même, qui servira de point de départ pour son film "Les Feux de la rampe" (1952). Les deux ouvrages s'annoncent passionnants car ils dévoilent l'histoire de Chaplin et sa générosité envers les défavorisés.
Charlie Chaplin a beaucoup voyagé. Europe, Bali, Japon, etc... Il a rencontré beaucoup de personnes qui l'ont souvent influencé comme Einstein, Gandhi ou encore l'Abbé Pierre. Il a écrit dans les années 30 pour le magazine "The Woman's Home Companion" et y a joué avec l'idée de faire de la politique. Lui qui a connu la misère, réclame dans un de ces écrits par exemple "des heures plus courtes et un salaire décent" pour les travailleurs. Chaplin réalise aussi des films comme "Les Temps modernes" et "Le Dictateur", deux satires assez violentes qui vont finir par le rendre de plus en plus suspect de communisme. Il sera alors persécuté par le gouvernement américain qui ira même jusqu'à lui interdire d'entrer sur le territoire en 1952. Motif : "Avoir fait l'apologie du communisme ou s'être associé avec des organisations pro-communistes". Chaplin prend la décision de s'installer à Corsier-sur-Vevey en Suisse, où il finira ses jours.
Communiste, peut-être qu'il l'était et alors ? On ne peut pas le blâmer d'avoir eu une enfance misérable et de vouloir améliorer le monde dans lequel il vit. Chaplin met aussi en mot et de manière romanesque, sa vie avec son court roman "Footlights" (seulement 150 pages). Pour écrire ce livre, Chaplin utilise ses souvenirs de misère, ses débuts sur les scènes de music-hall, et tout ce passé hanté par la mort, la déchéance et l'oubli. Malheureusement, les textes de Chaplin vont être enterrés et censurés pendant des années; c'est donc pour cela que je suis tout excité qu'ils soient (enfin) publiés aujourd'hui ! Soyons réalistes, le monde n'a pas beaucoup changé et peut-être que l'œuvre écrite et jusqu'alors inconnue de Chaplin pourrait nous éclairer autant que l'ont fait ses films.
Qui aurait imaginer que cet enfant londonien qui a crevé la misère entre une mère folle et un père alcoolique puisse toucher tant de monde ? Le succès, Charlie Chaplin y conçoit mais il ne lui fait pas tourner la tête. En plus du cinéma, Chaplin a d'autres projets : la politique et l'écriture. Quand il prend la parole sur des sujets de société, c'est pour défendre les pauvres - car il en a été un. Il a envie d'avoir une action politique et surtout désire être considéré comme un écrivain. Cependant, on l'empêchera d'accomplir ses ambitions.
Mon introduction est un peu énigmatique mais c'est pour mieux introduire deux livres qui sont publiés cet automne et qui reviennent sur les tentatives littéraires de Charlie Chaplin. Vous devez lire Mon tour du monde, série d'articles écrits en 1932-33 par Charlie Chaplin pour le magazine "The Woman's Home Companion" et Footlights, unique roman jamais publié et rédigé en 1948 par Charlie Chaplin lui-même, qui servira de point de départ pour son film "Les Feux de la rampe" (1952). Les deux ouvrages s'annoncent passionnants car ils dévoilent l'histoire de Chaplin et sa générosité envers les défavorisés.
Charlie Chaplin a beaucoup voyagé. Europe, Bali, Japon, etc... Il a rencontré beaucoup de personnes qui l'ont souvent influencé comme Einstein, Gandhi ou encore l'Abbé Pierre. Il a écrit dans les années 30 pour le magazine "The Woman's Home Companion" et y a joué avec l'idée de faire de la politique. Lui qui a connu la misère, réclame dans un de ces écrits par exemple "des heures plus courtes et un salaire décent" pour les travailleurs. Chaplin réalise aussi des films comme "Les Temps modernes" et "Le Dictateur", deux satires assez violentes qui vont finir par le rendre de plus en plus suspect de communisme. Il sera alors persécuté par le gouvernement américain qui ira même jusqu'à lui interdire d'entrer sur le territoire en 1952. Motif : "Avoir fait l'apologie du communisme ou s'être associé avec des organisations pro-communistes". Chaplin prend la décision de s'installer à Corsier-sur-Vevey en Suisse, où il finira ses jours.
Communiste, peut-être qu'il l'était et alors ? On ne peut pas le blâmer d'avoir eu une enfance misérable et de vouloir améliorer le monde dans lequel il vit. Chaplin met aussi en mot et de manière romanesque, sa vie avec son court roman "Footlights" (seulement 150 pages). Pour écrire ce livre, Chaplin utilise ses souvenirs de misère, ses débuts sur les scènes de music-hall, et tout ce passé hanté par la mort, la déchéance et l'oubli. Malheureusement, les textes de Chaplin vont être enterrés et censurés pendant des années; c'est donc pour cela que je suis tout excité qu'ils soient (enfin) publiés aujourd'hui ! Soyons réalistes, le monde n'a pas beaucoup changé et peut-être que l'œuvre écrite et jusqu'alors inconnue de Chaplin pourrait nous éclairer autant que l'ont fait ses films.
samedi 30 août 2014
"En finir avec Eddy Bellegueule" d’Édouard Louis
Je continue les lectures que ma mère m'a offertes à mon anniversaire avec "En finir avec Eddy Bellegueule" d’Edouard Louis.
Ce livre de genre autobiographique est le premier roman d'Édouard Louis. Il raconte l'enfance et l'adolescence d'Eddy Bellegueule dans un village de Picardie. Élevé dans une famille ouvrière, Eddy ne ressemble pas aux autres enfants à cause de sa manière de se tenir, son élocution et sa délicatesse qui lui valent de nombreuses humiliations et injures, tant par ses camarades de classe que par son père alcoolique et sa mère revêche. Dans le milieu où il vit, on n'aime pas les "pédés".
Ce livre est une œuvre qui pourrait s'avérer majeure dans les prochaines années. Y est dépeint un univers où la misère sociale amène de nombreux jeunes à un standard. Les femmes deviennent caissières après avoir abandonné leurs études et les hommes passent de l'école à l'usine. Le roman aborde la reproduction sociale mais aussi sexuelle. Eddy a conscience de son attirance sexuelle pour les hommes mais essaie de rentrer dans la norme. Devant le constat de son échec, il décide alors de fuir pour essayer de tracer son propre chemin.
J'ai beaucoup aimé ce récit autobiographique - surtout après les longs débats sur le mariage pour tous - car il pose des questions importantes et essentielles : la persécution ne vient-elle pas du conditionnement social ? Comment chaque être peut-il inventer sa liberté ? Tout le talent d'Édouard Louis est de dresser un tableau saisissant et réaliste d'une partie de la population française. L'auteur ne juge pas, il décrit si simplement les choses que cela en est encore plus frappant. Pour illustrer au combien ce livre est magnifique est beau et puissant, il suffit d'en lire les premières lignes.
De mon enfance, je n’ai aucun souvenir heureux. Je ne veux pas dire que jamais, durant ces années, je n’ai pas éprouvé de sentiment de bonheur ou de joie. Simplement la souffrance est totalitaire : tout ce qui n’entre pas dans son système, elle le fait disparaître.
D'autres morceaux choisis que je partage avec vous.
Je me rappelle cette dispute avec la précision des évènements que l’on crée dans sa vie à partir de souvenirs qui auraient pu être insignifiants, banals. Et puis, des mois, des années après, selon ce que l’on devient, ils prennent du sens.
Je me souviens encore moins du lait encore tiède parce qu’il venait d’être extrait des pis des vaches et que ma mère allait le chercher à la ferme en face de chez nous que des soirs ou la nourriture manquait et ou ma mère disait cette phrase « Ce soir on mange du lait », néologisme de la misère.
Il fallait fuir. Mais d’abord on ne pense pas spontanément à la fuite parce qu’on ignore qu’il existe un ailleurs. On ne sait pas que la fuite est une possibilité.
Le fait d’aimer les garçons transformait l’ensemble de mon rapport au monde, me poussait à m’identifier à des valeurs qui n’étaient pas celles de ma famille.
Ce livre de genre autobiographique est le premier roman d'Édouard Louis. Il raconte l'enfance et l'adolescence d'Eddy Bellegueule dans un village de Picardie. Élevé dans une famille ouvrière, Eddy ne ressemble pas aux autres enfants à cause de sa manière de se tenir, son élocution et sa délicatesse qui lui valent de nombreuses humiliations et injures, tant par ses camarades de classe que par son père alcoolique et sa mère revêche. Dans le milieu où il vit, on n'aime pas les "pédés".
Ce livre est une œuvre qui pourrait s'avérer majeure dans les prochaines années. Y est dépeint un univers où la misère sociale amène de nombreux jeunes à un standard. Les femmes deviennent caissières après avoir abandonné leurs études et les hommes passent de l'école à l'usine. Le roman aborde la reproduction sociale mais aussi sexuelle. Eddy a conscience de son attirance sexuelle pour les hommes mais essaie de rentrer dans la norme. Devant le constat de son échec, il décide alors de fuir pour essayer de tracer son propre chemin.
J'ai beaucoup aimé ce récit autobiographique - surtout après les longs débats sur le mariage pour tous - car il pose des questions importantes et essentielles : la persécution ne vient-elle pas du conditionnement social ? Comment chaque être peut-il inventer sa liberté ? Tout le talent d'Édouard Louis est de dresser un tableau saisissant et réaliste d'une partie de la population française. L'auteur ne juge pas, il décrit si simplement les choses que cela en est encore plus frappant. Pour illustrer au combien ce livre est magnifique est beau et puissant, il suffit d'en lire les premières lignes.
De mon enfance, je n’ai aucun souvenir heureux. Je ne veux pas dire que jamais, durant ces années, je n’ai pas éprouvé de sentiment de bonheur ou de joie. Simplement la souffrance est totalitaire : tout ce qui n’entre pas dans son système, elle le fait disparaître.
D'autres morceaux choisis que je partage avec vous.
Je me rappelle cette dispute avec la précision des évènements que l’on crée dans sa vie à partir de souvenirs qui auraient pu être insignifiants, banals. Et puis, des mois, des années après, selon ce que l’on devient, ils prennent du sens.
Je me souviens encore moins du lait encore tiède parce qu’il venait d’être extrait des pis des vaches et que ma mère allait le chercher à la ferme en face de chez nous que des soirs ou la nourriture manquait et ou ma mère disait cette phrase « Ce soir on mange du lait », néologisme de la misère.
Il fallait fuir. Mais d’abord on ne pense pas spontanément à la fuite parce qu’on ignore qu’il existe un ailleurs. On ne sait pas que la fuite est une possibilité.
Le fait d’aimer les garçons transformait l’ensemble de mon rapport au monde, me poussait à m’identifier à des valeurs qui n’étaient pas celles de ma famille.
jeudi 31 juillet 2014
Polars (2)
Suite de mes lectures d'été. Après ma première fournée - à revoir ici -, voici une autre sélection de romans policiers et thrillers parfaits pour lire sur une plage !
Après avoir lu les volumes précédents - critiques à relire ici et là -, je ne pouvais pas échapper au volume 4. La suite des aventures de Trinity et Speedy a plein de rebondissements. Ce n'est toujours pas un chef de la littérature française, la lecture est simple. Ce 4eme opus est très court, il faudra donc attendre le 5eme volet pour (enfin?!) savoir la fin de l'histoire.
Thomas Fiera, ancien universitaire devenu enquêteur privé suite à un drame personnel, est recruté par le PDG de la société MC4 pour traquer un corbeau. Fiera, flanqué d’une équipe d’aventuriers aussi improbables que dangereux, se retrouve embarqué dans une enquête qui va provoquer une forte augmentation de l’activité des pompes funèbres - et ce n'est pas en rapport à la canicule ! Et oui, en effet, Paris au mois d’Août, c’est mortel !
J'ai bien aimé cette enquête et... son inspecteur ! Thomas Fiera ne mâche pas ses mots et je ne vous parle pas de ses méthodes ! Ses acolytes apportant aussi une bonne dose de fraicheur au roman et c'est appréciable ! Le rythme de l'enquête est soutenu, les aventures pleine de rebondissements, vous passerez un bon moment ! Extraits choisis pour vous montrer l'humour du héros.
Une réserve naturelle pour cadres supérieurs qui semble sortie tout droit d’une série américaine des années cinquante : les maris surbookés sont toujours absents, les enfants toujours blonds et les femmes toujours diaphanes, hystériques et mal baisées.
L’anorexie et les cours de danse leur donnent l’élégance compassée des lévriers afghans. Le genre de bourgeoises coincées qui se caressent dans le bain en pensant au prof de poterie.
Je me contentai de la regarder en arborant la mine navrée du tétraplégique auquel on venait d’offrir une paire de ski.
La société MC4 était aussi accueillante qu’un hôpital gérontologique en panne de couches-culottes. Les relations interpersonnelles étaient à peine meilleures que celles régnant dans un congrès d’autistes.
Le rallye est un genre de surboum constipée où les veaux et génisses de la Haute vont se renifler l’arrière-train et rentabiliser leurs cours de maintien. Le but de tout cela étant, d’une part, de préparer de futurs coïts génétiquement et économiquement corrects et, d’autre part, d’habituer ces chers morveux à diriger le monde tout en grignotant des petits fours.
Il régnait là une ambiance aussi décontractée que dans la salle d’attente d’un proctologue parkinsonien.
Arrête tes conneries ! Tu ressembles à une pub pour la gay pride ! Je suis sûr que t’as la rondelle plus dilatée que le tunnel sous la manche.
Un tueur en série sème le chaos sur la Côte d’Azur, en déposant une lettre adressée aux victimes sur leur cadavre encore chaud. Qui peut vouloir égorger une vieille dame et son chien ? Pourquoi ? C’est ce que tente de découvrir Yann Armandi, jeune commandant franco-italien à la PJ de Nice. Mais cette enquête risque de remettre en question sa vie entière.
Ce roman est plutôt bien écrit et on est rapidement pris par cette très bonne histoire. L'enquête ne laisse aucun indice quant au meurtrier et il faut attendre les dernières pages pour remettre toutes les pièces du puzzle en place ! Un livre que je verrai aisément adaptable pour la télé ou le cinéma.
La femme sans peur – Volume 4
de Jean-Philippe Touzeau
Après avoir lu les volumes précédents - critiques à relire ici et là -, je ne pouvais pas échapper au volume 4. La suite des aventures de Trinity et Speedy a plein de rebondissements. Ce n'est toujours pas un chef de la littérature française, la lecture est simple. Ce 4eme opus est très court, il faudra donc attendre le 5eme volet pour (enfin?!) savoir la fin de l'histoire.
Mourir en Août de Jean-Baptiste Ferrero
Thomas Fiera, ancien universitaire devenu enquêteur privé suite à un drame personnel, est recruté par le PDG de la société MC4 pour traquer un corbeau. Fiera, flanqué d’une équipe d’aventuriers aussi improbables que dangereux, se retrouve embarqué dans une enquête qui va provoquer une forte augmentation de l’activité des pompes funèbres - et ce n'est pas en rapport à la canicule ! Et oui, en effet, Paris au mois d’Août, c’est mortel !
J'ai bien aimé cette enquête et... son inspecteur ! Thomas Fiera ne mâche pas ses mots et je ne vous parle pas de ses méthodes ! Ses acolytes apportant aussi une bonne dose de fraicheur au roman et c'est appréciable ! Le rythme de l'enquête est soutenu, les aventures pleine de rebondissements, vous passerez un bon moment ! Extraits choisis pour vous montrer l'humour du héros.
Une réserve naturelle pour cadres supérieurs qui semble sortie tout droit d’une série américaine des années cinquante : les maris surbookés sont toujours absents, les enfants toujours blonds et les femmes toujours diaphanes, hystériques et mal baisées.
L’anorexie et les cours de danse leur donnent l’élégance compassée des lévriers afghans. Le genre de bourgeoises coincées qui se caressent dans le bain en pensant au prof de poterie.
Je me contentai de la regarder en arborant la mine navrée du tétraplégique auquel on venait d’offrir une paire de ski.
La société MC4 était aussi accueillante qu’un hôpital gérontologique en panne de couches-culottes. Les relations interpersonnelles étaient à peine meilleures que celles régnant dans un congrès d’autistes.
Le rallye est un genre de surboum constipée où les veaux et génisses de la Haute vont se renifler l’arrière-train et rentabiliser leurs cours de maintien. Le but de tout cela étant, d’une part, de préparer de futurs coïts génétiquement et économiquement corrects et, d’autre part, d’habituer ces chers morveux à diriger le monde tout en grignotant des petits fours.
Il régnait là une ambiance aussi décontractée que dans la salle d’attente d’un proctologue parkinsonien.
Arrête tes conneries ! Tu ressembles à une pub pour la gay pride ! Je suis sûr que t’as la rondelle plus dilatée que le tunnel sous la manche.
Le chien : meurtres sur la Côte d'Azur d’Aurélie Benattar
Un tueur en série sème le chaos sur la Côte d’Azur, en déposant une lettre adressée aux victimes sur leur cadavre encore chaud. Qui peut vouloir égorger une vieille dame et son chien ? Pourquoi ? C’est ce que tente de découvrir Yann Armandi, jeune commandant franco-italien à la PJ de Nice. Mais cette enquête risque de remettre en question sa vie entière.
Ce roman est plutôt bien écrit et on est rapidement pris par cette très bonne histoire. L'enquête ne laisse aucun indice quant au meurtrier et il faut attendre les dernières pages pour remettre toutes les pièces du puzzle en place ! Un livre que je verrai aisément adaptable pour la télé ou le cinéma.
jeudi 10 juillet 2014
Polars d'été (1)
C'est l'été et j'ai besoin de lectures faciles. Pas envie de me prendre la tête avec des classiques de la littérature française. Un petit tour sur ma librairie en ligne pour télécharger des romans policiers. Je me suis laissé tenter par des romans auto-édités et/ou à très bas prix. C'est un risque mais j'ai une des bonnes surprises !
Le roman se concentre sur Axiandre Martin qui fait partie des meilleurs éléments de la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres. Elle vient de recevoir les honneurs après l'arrestation musclée du tueur parisien connu sous le nom de « Purificateur ». Alors qu'elle est en congés, elle se voit rappelée car trois corps mutilés viennent d'être retrouvés. L'affaire s'annonce étrange car il s'agit de jeunes filles sur le point de se marier, toutes exécutées 24 heures avant la cérémonie.
La structure du livre est difficile à lire. J'en comprends l'intérêt - capter l'attention du lecteur - mais cela m'a permis de savoir la fin en plein milieu du roman ! Trop d'indices semés... Bon, j'avoue que je suis plutôt bon pour me mettre dans la peau d'un psychopathe mais quand même ! J'ai été déçu d'avoir deviner si tôt ! :-( L'écriture et le style ne resteront pas au Panthéon de la littérature française. Un seul extrait choisi donc !
Les relations enflammées ne sont pas faites pour durer. Je le sais d'expérience. Elles ne sont que la manifestation d'un désir, d'une pulsion.
Le commissaire Hercule Mapèch essaie de comprendre qui peut être à l'origine de tous ces crimes précédés de tortures. Toutes les pistes mènent vers un foyer de la DASS de la rue Serpolet à Paris. C'est quand même pas des gamins qui ont pu faire ça ?!
Le titre m'a fait peur tout comme la couverture du livre ! Pourtant, ce roman est un très bon thriller plutôt bien écrit. Le style est "parlé", ce qui est souvent drôle, et la trame de l'histoire est inventive. Une bonne surprise ! Morceaux choisis.
La dépression, ce n'est pas un signe de faiblesse. Non, non. C'est plutôt le signe qu'on a essayé d'être fort trop longtemps, et qu'on n'a pas réussi.
- Quand tu réfléchis, une bite, c'est plus propre que des doigts : c'est toujours cache dans ton slip.
- Ouais, mais c'est psychologique. J'préfère quand même me sucer le pouce.
Les malheureux comme nous ne racontent pas leur vie facilement. Elle, c'est un moulin à eau, elle irrigue, elle irrigue.
Le petit plus : chaque chapitre commence avec une citation en rapport avec sa teneur.
La réalité, c'est ce qui continue d'exister lorsqu'on cesse d'y croire. (Philip K. Dick)
Pour retrouver sa jeunesse, il suffit d'en répéter les erreurs. (Oscar Wilde)
La littérature n'a que faire des questions de moralité. (Murakami Ryu)
On ne fait pas ce qu'on veut et cependant, on est responsable de ce qu'on est. (Sartre)
Max est un jeune homme intelligent qui vit depuis sa plus tendre enfance les brimades et l'exclusion. Alors qu'il effectue son service militaire, il va vivre son pire cauchemar. Il n'aura qu'un choix : se battre ou se résigner. Cette descente aux enfers va le pousser dans ses derniers retranchements.
Ce roman est aussi une excellente surprise ! L'écriture est fluide et le suspens est maintenu sur la longueur grâce aux rebondissements. L'histoire monte crescendo et j'étais vraiment impatient de voir comment tout ceci allait se terminer. Pas déçu !
Miroir d'Alick
Le roman se concentre sur Axiandre Martin qui fait partie des meilleurs éléments de la brigade criminelle du 36, quai des Orfèvres. Elle vient de recevoir les honneurs après l'arrestation musclée du tueur parisien connu sous le nom de « Purificateur ». Alors qu'elle est en congés, elle se voit rappelée car trois corps mutilés viennent d'être retrouvés. L'affaire s'annonce étrange car il s'agit de jeunes filles sur le point de se marier, toutes exécutées 24 heures avant la cérémonie.
La structure du livre est difficile à lire. J'en comprends l'intérêt - capter l'attention du lecteur - mais cela m'a permis de savoir la fin en plein milieu du roman ! Trop d'indices semés... Bon, j'avoue que je suis plutôt bon pour me mettre dans la peau d'un psychopathe mais quand même ! J'ai été déçu d'avoir deviner si tôt ! :-( L'écriture et le style ne resteront pas au Panthéon de la littérature française. Un seul extrait choisi donc !
Les relations enflammées ne sont pas faites pour durer. Je le sais d'expérience. Elles ne sont que la manifestation d'un désir, d'une pulsion.
Même pas peur de Luc Venot
Le commissaire Hercule Mapèch essaie de comprendre qui peut être à l'origine de tous ces crimes précédés de tortures. Toutes les pistes mènent vers un foyer de la DASS de la rue Serpolet à Paris. C'est quand même pas des gamins qui ont pu faire ça ?!
Le titre m'a fait peur tout comme la couverture du livre ! Pourtant, ce roman est un très bon thriller plutôt bien écrit. Le style est "parlé", ce qui est souvent drôle, et la trame de l'histoire est inventive. Une bonne surprise ! Morceaux choisis.
La dépression, ce n'est pas un signe de faiblesse. Non, non. C'est plutôt le signe qu'on a essayé d'être fort trop longtemps, et qu'on n'a pas réussi.
- Quand tu réfléchis, une bite, c'est plus propre que des doigts : c'est toujours cache dans ton slip.
- Ouais, mais c'est psychologique. J'préfère quand même me sucer le pouce.
Les malheureux comme nous ne racontent pas leur vie facilement. Elle, c'est un moulin à eau, elle irrigue, elle irrigue.
Le petit plus : chaque chapitre commence avec une citation en rapport avec sa teneur.
La réalité, c'est ce qui continue d'exister lorsqu'on cesse d'y croire. (Philip K. Dick)
Pour retrouver sa jeunesse, il suffit d'en répéter les erreurs. (Oscar Wilde)
La littérature n'a que faire des questions de moralité. (Murakami Ryu)
On ne fait pas ce qu'on veut et cependant, on est responsable de ce qu'on est. (Sartre)
Un genou à terre de Wendall Utroi
Max est un jeune homme intelligent qui vit depuis sa plus tendre enfance les brimades et l'exclusion. Alors qu'il effectue son service militaire, il va vivre son pire cauchemar. Il n'aura qu'un choix : se battre ou se résigner. Cette descente aux enfers va le pousser dans ses derniers retranchements.
Ce roman est aussi une excellente surprise ! L'écriture est fluide et le suspens est maintenu sur la longueur grâce aux rebondissements. L'histoire monte crescendo et j'étais vraiment impatient de voir comment tout ceci allait se terminer. Pas déçu !
mercredi 18 juin 2014
"Central Park" de Guillaume Musso
Pour mon anniversaire, ma mère m'a envoyée plusieurs livres. Elle ne connaît pas forcement mes goûts et a donc pris le top 3 des ventes en France. Et j'ai donc eu le plaisir de recevoir "Central Park" de Guillaume Musso
Guillaume Musso est l'auteur qui vend le plus de livres en France et dans le monde. De puis le succès de "Et après..." en 2004 (vendu à 2 millions d’exemplaires, traduit dans 20 langues et adapté au cinéma), chaque livre de Guillaume Musso est très attendu. Je dois vous l'avouer : je n'ai jamais lu un de ses romans ! J'ai donc commencé le livre sans a priori.
L'histoire est celle d'Alice, une jeune flic parisienne, et Gabriel, un pianiste de jazz américain, qui se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n’ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Élysées tandis que Gabriel jouait du piano dans un club de Dublin. Impossible ? Pour comprendre ce qui leur arrive et renouer les fils de leurs vies, Alice et Gabriel n’ont pas d’autre choix que de faire équipe.
Je me demandais pourquoi Guillaume Musso a imaginé cette histoire à New-York plutôt qu'une autre ville et j'ai eu la réponse en regardant sa biographie ! Il a commencé à écrire lorsqu’il était étudiant. À 19 ans, il séjourne quelques mois à New York où il travaillait comme vendeur de crèmes glacées ! Je comprends mieux maintenant ! Le roman est très bien écrit, c'est facile à lire, le suspense est bien monté dès les premières pages ce qui vous rend addict jusqu'à la dernière page ! J'imagine très bien ce roman adapté au cinéma dans quelques années et je comprends mieux pourquoi beaucoup de personnes se précipitent pour acheter le dernier livre de Guillaume Musso quand il sort en librairie ! Une lecture vous plaira assurément !
Guillaume Musso est l'auteur qui vend le plus de livres en France et dans le monde. De puis le succès de "Et après..." en 2004 (vendu à 2 millions d’exemplaires, traduit dans 20 langues et adapté au cinéma), chaque livre de Guillaume Musso est très attendu. Je dois vous l'avouer : je n'ai jamais lu un de ses romans ! J'ai donc commencé le livre sans a priori.
L'histoire est celle d'Alice, une jeune flic parisienne, et Gabriel, un pianiste de jazz américain, qui se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park. Ils ne se connaissent pas et n’ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Élysées tandis que Gabriel jouait du piano dans un club de Dublin. Impossible ? Pour comprendre ce qui leur arrive et renouer les fils de leurs vies, Alice et Gabriel n’ont pas d’autre choix que de faire équipe.
Je me demandais pourquoi Guillaume Musso a imaginé cette histoire à New-York plutôt qu'une autre ville et j'ai eu la réponse en regardant sa biographie ! Il a commencé à écrire lorsqu’il était étudiant. À 19 ans, il séjourne quelques mois à New York où il travaillait comme vendeur de crèmes glacées ! Je comprends mieux maintenant ! Le roman est très bien écrit, c'est facile à lire, le suspense est bien monté dès les premières pages ce qui vous rend addict jusqu'à la dernière page ! J'imagine très bien ce roman adapté au cinéma dans quelques années et je comprends mieux pourquoi beaucoup de personnes se précipitent pour acheter le dernier livre de Guillaume Musso quand il sort en librairie ! Une lecture vous plaira assurément !
jeudi 22 mai 2014
"A la recherche du temps perdu" de Marcel Proust
Oui, mes lectures sont à l'image de ma vie... Je cours après le temps perdu mais je n'ai de doute que j'arriverai a rattraper le retard de mon blog ! :-) J'ai donc repris mes lectures dites classiques avec l'œuvre de Marcel Proust "À la recherche du temps perdu" qui est un roman écrit en sept tomes. Oui, encore mieux que "Guerre et Paix" de Leo Tolstoy ! J'ai donc commencé avec Du côté de chez Swann, le premier volume du roman.
Je savais que ma lecture serait fastidieuse et je n'ai pas été déçu ! Lorsque vous commencez le roman, vous savez que vous avez affaire à de la "vraie" littérature et que Marcel Proust est un excellent écrivain. J'ai été un peu décontenancé avec des mots comme métempsycose (le transvasement d'une âme dans un autre corps qu'elle va animer), mais je me suis rapidement plongé dans les réflexions de l'auteur. En effet, plutôt que le récit autobiographique d'une séquence d'événements, le roman de Marcel Proust s'intéresse pas aux souvenirs du narrateur mais fait une réflexion plus large sur la littérature, sur la mémoire, sur le temps et bien sur l'amour ! Si vous voulez, le narrateur aborde un souvenir et c'est prétexte à discuter, philosopher et s'interroger. Il y a ainsi des passages qui, un siècle après, prennent encore plus signification. Morceaux choisis.
Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.
Elle tira de cette contrainte même une pensée délicate de plus, comme les bons poètes que la tyrannie de la rime force à trouver leurs plus grandes beautés.
Ma grand’mère, ai-je su depuis, avait d’abord choisi les poésies de Musset, un volume de Rousseau et Indiana ; car si elle jugeait les lectures futiles aussi malsaines que les bonbons et les pâtisseries, elle ne pensait pas que les grands souffles du génie eussent sur l’esprit même d’un enfant une influence plus dangereuse et moins vivifiante que sur son corps le grand air et le vent du large.
(…) elle ne se résignait jamais à rien acheter dont on ne put tirer un profit intellectuel, et surtout celui que nous procurent les belles choses en nus apprenant à chercher notre plaisir ailleurs que dans les satisfactions du bien-être et de la vanité.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
Les femmes qui prétendent ne juger un homme que sur son physique, voient en ce physique l’émanation d’une vie spéciale. C’est pourquoi elles aiment les militaires, les pompiers : l’uniforme les rend moins difficiles pour le visage : elles croient baiser sous la cuirasse un cœur différent, aventureux et doux.
Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n’ont pas fait naitre celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies se succédant sans interruption dans une famille, ne le fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin.
Tous ces souvenirs ajoutés les uns aux autres ne formaient plus qu’une masse, mais non sans qu’on put distinguer entre eux, - entre les plus anciens, et ceux plus récents, nés d’un parfum, puis ceux qui n’étaient que les souvenirs d’une autre personne de qui je les avais appris – sinon des fissures, des failles véritables, du moins ces veinures, ces bigarrures de coloration, qui dans certaines roches, dans certains marbres, révèlent des différences d’origine, d’âge, de « formation ».
(…) à l’âge déjà un peu désabusé dont approchait Swann et où l’on sait se contenter d’être amoureux pour le plaisir de l’être sans trop exiger de réciprocité.
Il était convenu qu’on est intelligent dans la mesure où on doute de tout et où on ne trouvait de réel et d’incontestable que les goûts de chacun.
On ne connait pas son bonheur. On n’est jamais aussi malheureux qu’on croit.
Les mots nous présentent des choses une petite image claire et usuelle comme celles que l’on suspend aux murs des écoles pour donner aux enfants l’exemple de ce qu’est un établi, un oiseau, une fourmilière.
Les lieux que nous avons connus n’appartiennent pas qu’au monde de l’espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n’étaient qu’une mince tranche au milieu d’impressions contiguës qui formaient notre vie d’alors ; le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années.
C'est magnifiquement écrit et cela nous amène à de profondes réflexions et parfois à nos propres souvenirs. Je suis sûr que ma sœur et mon frère reconnaitront ce même souvenir à la lecture de ce passage.
Fauteuils en velours frappé, toujours revêtus d’un appui-tête au crochet.
La lecture de ce premier tome de "A la recherche du temps perdu", je dois vous l'avouer, a été très fastidieuse. J'en retiens de très bons passages mais cela m'a fait longuement hésité à lire les 6 autres tomes. Je me lancerai dans la lecture du suivant. Les mots de l'auteur m'en ont convaincu !
Nous sommes très longs à reconnaître dans la physionomie particulière d’un nouvel écrivain le modèle qui porte le nom de « grand talent » dans notre musée des idées générales. Justement parce que cette physionomie est nouvelle nous ne la trouvons pas tout à fait ressemblante à ce que nous appelons talent. Nous disons plutôt originalité, charme, délicatesse, force ; et puis un jour nous nous rendons compte que c’est justement tout cela le talent.
Ce que je reproche aux journaux c’est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles.
Je savais que ma lecture serait fastidieuse et je n'ai pas été déçu ! Lorsque vous commencez le roman, vous savez que vous avez affaire à de la "vraie" littérature et que Marcel Proust est un excellent écrivain. J'ai été un peu décontenancé avec des mots comme métempsycose (le transvasement d'une âme dans un autre corps qu'elle va animer), mais je me suis rapidement plongé dans les réflexions de l'auteur. En effet, plutôt que le récit autobiographique d'une séquence d'événements, le roman de Marcel Proust s'intéresse pas aux souvenirs du narrateur mais fait une réflexion plus large sur la littérature, sur la mémoire, sur le temps et bien sur l'amour ! Si vous voulez, le narrateur aborde un souvenir et c'est prétexte à discuter, philosopher et s'interroger. Il y a ainsi des passages qui, un siècle après, prennent encore plus signification. Morceaux choisis.
Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.
Elle tira de cette contrainte même une pensée délicate de plus, comme les bons poètes que la tyrannie de la rime force à trouver leurs plus grandes beautés.
Ma grand’mère, ai-je su depuis, avait d’abord choisi les poésies de Musset, un volume de Rousseau et Indiana ; car si elle jugeait les lectures futiles aussi malsaines que les bonbons et les pâtisseries, elle ne pensait pas que les grands souffles du génie eussent sur l’esprit même d’un enfant une influence plus dangereuse et moins vivifiante que sur son corps le grand air et le vent du large.
(…) elle ne se résignait jamais à rien acheter dont on ne put tirer un profit intellectuel, et surtout celui que nous procurent les belles choses en nus apprenant à chercher notre plaisir ailleurs que dans les satisfactions du bien-être et de la vanité.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul.
Les femmes qui prétendent ne juger un homme que sur son physique, voient en ce physique l’émanation d’une vie spéciale. C’est pourquoi elles aiment les militaires, les pompiers : l’uniforme les rend moins difficiles pour le visage : elles croient baiser sous la cuirasse un cœur différent, aventureux et doux.
Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n’ont pas fait naitre celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies se succédant sans interruption dans une famille, ne le fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin.
Tous ces souvenirs ajoutés les uns aux autres ne formaient plus qu’une masse, mais non sans qu’on put distinguer entre eux, - entre les plus anciens, et ceux plus récents, nés d’un parfum, puis ceux qui n’étaient que les souvenirs d’une autre personne de qui je les avais appris – sinon des fissures, des failles véritables, du moins ces veinures, ces bigarrures de coloration, qui dans certaines roches, dans certains marbres, révèlent des différences d’origine, d’âge, de « formation ».
(…) à l’âge déjà un peu désabusé dont approchait Swann et où l’on sait se contenter d’être amoureux pour le plaisir de l’être sans trop exiger de réciprocité.
Il était convenu qu’on est intelligent dans la mesure où on doute de tout et où on ne trouvait de réel et d’incontestable que les goûts de chacun.
On ne connait pas son bonheur. On n’est jamais aussi malheureux qu’on croit.
Les mots nous présentent des choses une petite image claire et usuelle comme celles que l’on suspend aux murs des écoles pour donner aux enfants l’exemple de ce qu’est un établi, un oiseau, une fourmilière.
Les lieux que nous avons connus n’appartiennent pas qu’au monde de l’espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n’étaient qu’une mince tranche au milieu d’impressions contiguës qui formaient notre vie d’alors ; le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années.
C'est magnifiquement écrit et cela nous amène à de profondes réflexions et parfois à nos propres souvenirs. Je suis sûr que ma sœur et mon frère reconnaitront ce même souvenir à la lecture de ce passage.
Fauteuils en velours frappé, toujours revêtus d’un appui-tête au crochet.
La lecture de ce premier tome de "A la recherche du temps perdu", je dois vous l'avouer, a été très fastidieuse. J'en retiens de très bons passages mais cela m'a fait longuement hésité à lire les 6 autres tomes. Je me lancerai dans la lecture du suivant. Les mots de l'auteur m'en ont convaincu !
Nous sommes très longs à reconnaître dans la physionomie particulière d’un nouvel écrivain le modèle qui porte le nom de « grand talent » dans notre musée des idées générales. Justement parce que cette physionomie est nouvelle nous ne la trouvons pas tout à fait ressemblante à ce que nous appelons talent. Nous disons plutôt originalité, charme, délicatesse, force ; et puis un jour nous nous rendons compte que c’est justement tout cela le talent.
Ce que je reproche aux journaux c’est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles.
mercredi 7 mai 2014
"L'héritage de Tata Lucie" de Philippe Saimbert
J'ai fait une pause dans la lecture des classiques de la littérature en lisant "L'héritage de Tata Lucie" de Philippe Saimbert.
L'auteur est un romancier et scénariste qui a déjà signé une dizaine de bandes dessinées dans des domaines aussi variés que les thrillers, la science-fiction et l'humour. Je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre et je peux vous dire que les premiers mots m'ont rapidement mis dans le bain>
"Tata Lucie était une garce !... Une vieille garce, même !"
L'histoire est celle de quatre frères et leurs familles qui se rendent à l'enterrement de Tata Lucie et n'attendent que le rendez-vous chez le notaire pour récupérer l'héritage. Le problème est que Tata Lucie leur a réservé une dernière surprise : ils ne pourront hériter que s'ils retrouvent une pierre cachée dans sa propriété et ne disposent pour cela que d'un mois !
L'histoire nous est narré par le petit cousin Joseph qui a 14 ans. Du coup, le style est assez simple et ne m'a pas beaucoup plu. Il y a de nombreux commentaires humoristiques mais qui, à force, deviennent vite lourds.
Ils étaient tellement maigres qu'ils auraient culpabiliser un refugie du Sahel.
La pauvre créature n'arrêtait pas de sangloter : à ce rythme et sus le soleil, elle courait à la déshydratation.
A voir ce dernier, il était évident qu'il avait fallu plusieurs générations de mariages entre cousins pour arriver à ce resultat. Sans compter les viols entre père et fille !
Même Tata Cynthia, qui s'était reculée à cause de l'odeur, pouffait dans son mouchoir. Normal pour une poufiasse !
Le plus irritant fut le style. La trame narrative était interrompue toutes les 2 lignes par des réflexions entre parenthèses (un peu comme je fais sur mon blog ou quand je mets des indications entre - -). Du coup, cela donne une lecture pénible mais l'auteur l'assume totalement dans son message à la fin.
Je n'aurai pas le prix Goncourt (quel dommage quand on y pense) mais ce n'était pas non plus mon intention, je vous rassure. Mon seul objectif était de procurer un moment de lecture agréable.
C'est en partie atteint car le roman se dévore très rapidement. Une lecture idéale pour la plage !
L'auteur est un romancier et scénariste qui a déjà signé une dizaine de bandes dessinées dans des domaines aussi variés que les thrillers, la science-fiction et l'humour. Je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre et je peux vous dire que les premiers mots m'ont rapidement mis dans le bain>
"Tata Lucie était une garce !... Une vieille garce, même !"
L'histoire est celle de quatre frères et leurs familles qui se rendent à l'enterrement de Tata Lucie et n'attendent que le rendez-vous chez le notaire pour récupérer l'héritage. Le problème est que Tata Lucie leur a réservé une dernière surprise : ils ne pourront hériter que s'ils retrouvent une pierre cachée dans sa propriété et ne disposent pour cela que d'un mois !
L'histoire nous est narré par le petit cousin Joseph qui a 14 ans. Du coup, le style est assez simple et ne m'a pas beaucoup plu. Il y a de nombreux commentaires humoristiques mais qui, à force, deviennent vite lourds.
Ils étaient tellement maigres qu'ils auraient culpabiliser un refugie du Sahel.
La pauvre créature n'arrêtait pas de sangloter : à ce rythme et sus le soleil, elle courait à la déshydratation.
A voir ce dernier, il était évident qu'il avait fallu plusieurs générations de mariages entre cousins pour arriver à ce resultat. Sans compter les viols entre père et fille !
Même Tata Cynthia, qui s'était reculée à cause de l'odeur, pouffait dans son mouchoir. Normal pour une poufiasse !
Le plus irritant fut le style. La trame narrative était interrompue toutes les 2 lignes par des réflexions entre parenthèses (un peu comme je fais sur mon blog ou quand je mets des indications entre - -). Du coup, cela donne une lecture pénible mais l'auteur l'assume totalement dans son message à la fin.
Je n'aurai pas le prix Goncourt (quel dommage quand on y pense) mais ce n'était pas non plus mon intention, je vous rassure. Mon seul objectif était de procurer un moment de lecture agréable.
C'est en partie atteint car le roman se dévore très rapidement. Une lecture idéale pour la plage !
vendredi 18 avril 2014
La folle journée ou le mariage de Figaro
Encore dans mes classiques avec la lecture cette fois-ci d'une pièce de théâtre, "La folle journée ou le mariage de Figaro" par Pierre Augustin Caron de Beaumarchais.
Cette pièce de théatre en cinq actes a été écrite par Beaumarchais écrite en 1778. Cependant, la première représentation officielle eut lieu en 1784, après plusieurs années de censure. Le livre que j'ai lu était préfacé par Beaumarchais lui-même. Cette préface est très instructive car elle permet de replacer l'écriture et de la représentation dans le contexte de l'époque. Quelques extraits de cette préface pour comprendre.
A force de nous montrer délicats, fins connaisseurs, et d'affecter, comme j'ai dit autre part, l'hypocrisie de la décence auprès du relâchement des moeurs, nous devenons des êtres nuls, incapables de s'amuser et de juger de ce qui leur convient.
J'ai donc réfléchi que, si quelque homme courageux ne secouait pas toute cette poussière, bientôt l'ennui des pièces françaises porterait la nation au frivole de l'opéra-comique, et plus loin encore, aux boulevards, à ce ramas infect de tréteaux élevés à notre honte, où la décente liberté, bannie du théâtre français, se change en une licence effrénée, où la jeunesse va se nourrir de grossières inepties, et perdre, avec ses moeurs, le goût de la décence et des chefs-d'oeuvre de nos maîtres.
Les vices, les abus, voilà ce qui ne change point, mais se déguise en mille formes sous le masque des moeurs dominantes ; leur arracher ce masque et les montrer à découvert, telle est la noble tâche de l'homme qui se voue au théâtre.
Pour de ce qui est de vous résumer l'histoire, Beaumarchais le fait mieux que moi.
Un grand seigneur espagnol, amoureux d'une fille qu'il veut séduire, et les efforts que cette fiancée, celui qu'elle doit épouser, et la femme du seigneur réunissent, pour faire échouer dans son dessein un maître absolu, que son rang, sa fortune et sa prodigalité rendent tout puissant pour l'accomplir. Voilà tout, rien de plus ! La pièce est sous vos yeux.
Pour ceux qui connaissent les oeuvres de Beaumarchais, l'auteur remet en scène dans cette pièce, les principaux personnages de sa pièce "Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile". Cette pièce est un chef-d’œuvre du théâtre français. Elle montre les signes avant-coureurs de la Révolution française, en dénonçant les privilèges archaïques de la noblesse. Certains extraits m'ont paru incroyablement modernes et actuels ! J'en partage avec vous et vous incite en même temps à prendre le temps de lire cette pièce !
Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur; et qu'il n'y a que les petits hommes qui craignent les petits écrits.
Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort.
On ne sait comment définir le Comte. Il est jaloux et libertin. Libertin par ennui, jaloux par vanité.
Et c'est-là que j'ai vu combien l'usage du grand monde donne d'aisance aux dames comme il faut, pour mentir sans qu'il y paraisse.
Ne regarde pas d'où tu viens, vois où tu vas ; cela seul importe à chacun.
Non, monsieur le Comte, vous ne l'aurez pas... vous ne l'aurez pas. parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie ! ... noblesse, fortune, un rang, des places ; tout cela rend si fier ! qu'avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus.
Feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce qu'on ignore ; d'entendre ce qu'on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu'on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces, avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point ; s'enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n'est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amolir des cachets ; intercepter des lettres ; et tâcher d'anoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets : voilà toute la politique, ou je meure !
Cette pièce de théatre en cinq actes a été écrite par Beaumarchais écrite en 1778. Cependant, la première représentation officielle eut lieu en 1784, après plusieurs années de censure. Le livre que j'ai lu était préfacé par Beaumarchais lui-même. Cette préface est très instructive car elle permet de replacer l'écriture et de la représentation dans le contexte de l'époque. Quelques extraits de cette préface pour comprendre.
A force de nous montrer délicats, fins connaisseurs, et d'affecter, comme j'ai dit autre part, l'hypocrisie de la décence auprès du relâchement des moeurs, nous devenons des êtres nuls, incapables de s'amuser et de juger de ce qui leur convient.
J'ai donc réfléchi que, si quelque homme courageux ne secouait pas toute cette poussière, bientôt l'ennui des pièces françaises porterait la nation au frivole de l'opéra-comique, et plus loin encore, aux boulevards, à ce ramas infect de tréteaux élevés à notre honte, où la décente liberté, bannie du théâtre français, se change en une licence effrénée, où la jeunesse va se nourrir de grossières inepties, et perdre, avec ses moeurs, le goût de la décence et des chefs-d'oeuvre de nos maîtres.
Les vices, les abus, voilà ce qui ne change point, mais se déguise en mille formes sous le masque des moeurs dominantes ; leur arracher ce masque et les montrer à découvert, telle est la noble tâche de l'homme qui se voue au théâtre.
Pour de ce qui est de vous résumer l'histoire, Beaumarchais le fait mieux que moi.
Un grand seigneur espagnol, amoureux d'une fille qu'il veut séduire, et les efforts que cette fiancée, celui qu'elle doit épouser, et la femme du seigneur réunissent, pour faire échouer dans son dessein un maître absolu, que son rang, sa fortune et sa prodigalité rendent tout puissant pour l'accomplir. Voilà tout, rien de plus ! La pièce est sous vos yeux.
Pour ceux qui connaissent les oeuvres de Beaumarchais, l'auteur remet en scène dans cette pièce, les principaux personnages de sa pièce "Le Barbier de Séville ou la Précaution inutile". Cette pièce est un chef-d’œuvre du théâtre français. Elle montre les signes avant-coureurs de la Révolution française, en dénonçant les privilèges archaïques de la noblesse. Certains extraits m'ont paru incroyablement modernes et actuels ! J'en partage avec vous et vous incite en même temps à prendre le temps de lire cette pièce !
Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur; et qu'il n'y a que les petits hommes qui craignent les petits écrits.
Prouver que j’ai raison serait accorder que je puis avoir tort.
On ne sait comment définir le Comte. Il est jaloux et libertin. Libertin par ennui, jaloux par vanité.
Et c'est-là que j'ai vu combien l'usage du grand monde donne d'aisance aux dames comme il faut, pour mentir sans qu'il y paraisse.
Ne regarde pas d'où tu viens, vois où tu vas ; cela seul importe à chacun.
Non, monsieur le Comte, vous ne l'aurez pas... vous ne l'aurez pas. parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie ! ... noblesse, fortune, un rang, des places ; tout cela rend si fier ! qu'avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus.
Feindre d'ignorer ce qu'on sait, de savoir tout ce qu'on ignore ; d'entendre ce qu'on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu'on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces, avoir souvent pour grand secret de cacher qu'il n'y en a point ; s'enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n'est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage ; répandre des espions et pensionner des traîtres ; amolir des cachets ; intercepter des lettres ; et tâcher d'anoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets : voilà toute la politique, ou je meure !
samedi 5 avril 2014
"A l'Est de l'Eden" de John Steinbeck
Je viens de recevoir un choc littéraire en lisant "A l'Est de l'Eden" de John Steinbeck.
Il y a bien eu récemment "Moby Dick" de Herman Melville, ou bien encore "Encyclopédie capricieuse du tout et du rien" de Charles Dantzig. "A l'Est de l'Eden" est encore au delà : c'est un pur chef-d'oeuvre ! Le titre de ce roman vous dit probablement quelque chose et pour cause ! James Dean a joué dans l'adaptation cinématographique en 1955. Le livre a été publié en 1952 et si on se place dans le contexte de l'époque, faire une adaptation en moins de 3 ans d'un roman, avec James Dean dans le rôle titre, cela signifie que le livre en vaut le coup !
D'autres auront peut-être noté que le titre est aussi une allusion au verset biblique relatant la fuite de Caïn, après le meurtre d'Abel. Cet épisode est un élément clé et surtout un fil conducteur tout au long du roman. S'agit-il vraiment d'un roman ? Pas tout à fait ! En effet, l'auteur y décrit une grande fresque familiale en suivant de génération en génération les familles Trask et Hamilton à Salinas, en Californie. Il s'agit donc de... sa famille !
Oeuvre à connotation autobiographique ou roman, qu'importe ! À l'Est d'Eden est surtout l'occasion pour John Steinbeck de développer de nombreuses réflexions philosophiques sur des thèmes variés. Il est bien sûr question de bien et de mal (en référence à Abel et Caïn), mais aussi d'individualisme, des préjugés et de reconnaissance sociale. J'ai complètement été happé ! Toute éloge aussi dithyrambique soit-elle ne serait pas suffisante pour traduire l'effet irréversible qu'a eu ce livre sur moi. Vous ne pouvez pas mourir sans avoir lu ce livre !
NB : Pour entre autres cette œuvre magistrale, John Steinbeck a reçu le prix Nobel de littérature en 1962.
Extraits choisis
Lorsqu’un enfant, pour la première fois, voit des adultes tels qu’ils sont, lorsque pour la première fois l’idée pénètre dans sa tête que les adultes n’ont pas une intelligence divine, que leurs jugements ne sont pas toujours justes, leurs idées bonnes, leurs phrases corrects, son monde s‘écroule et laisse place à un chaos terrifiant.
Les humains peuvent engendrer des monstres. Certains sont reconnaissables : ils sont mal formés (…) Les monstres ne sont que des variations à un degré plus ou moins grand des normes usuelles. Et, tout comme un enfant peut naître manchot, un autre peut naître sans bonté et sans conscience.
Quelle liberté connaîtraient l’homme et la femme s’ils n’étaient pas constamment trahis, trompés, envoûtés, torturés, par leur sexualité ! Mais alors l’être ne serait plus humain. Il serait monstrueux.
Lorsque notre nourriture, nos vêtements, nos toits ne seront plus que le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera le tour de notre pensée. Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminée.
Notre espèce est la seule créatrice et elle ne dispose que d’une seule faculté créatrice : l’esprit individuel de l’homme. Deux hommes n’ont jamais rien créé. Il n’existe pas de collaboration efficace en musique, en poésie, en mathématiques, een philosophie. C’est seulement après qu’a lieu le miracle de la création que le groupe peut l’exploiter. Le groupe n’invente jamais rien. Le bien le plus précieux est le cerveau isolé de l’homme.
Il y a des appétits de bonheur, disait Samuel, qu’un paradis entier ne satisferait pas.
L’esprit libre et curieux de l’homme est ce qui a le plus de prix au monde. Et voici pour quoi je me battrai : la liberté d’esprit de prendre quelque direction qui lui plaise. Et voici contre quoi je me battrai : toute idée, religion ou gouvernement qui limite ou détruit la notion d’individualité.
Il n’y a de questions désagréables que celles qui sont teintées de condescendance.
L’église et la maison close arrivèrent dans l’ouest simultanément. Et chacune aurait été horrifiée de savoir qu’elle n’était qu’une facette d’un même besoin. Car, en réalité, elles poursuivaient le même but : les chants, les rites, la poésie de l’église offraient à l’homme l’oubli de sa tristesse ; le bordel, lui, offrait d’autres oublis.
Lorsqu’une affaire est délicate et qu’elle présente quelque danger, il arrive que le résultat soit gâché par la hâte. Il y a tant d’hommes pressés qui trébuchent ; Si une tâche difficile et subtile doit être accomplie, il faut d’abord en déterminer la fin. Puis, une fois acceptée comme le but désiré, il faut l’oublier complètement et se concentrer uniquement sur les moyens. Grâce à cette méthode, le faux pas dicté par la hâte ou la peur est évité.
Il est agréable pour l’homme médiocre de savoir que la grandeur est sans doute l’état le plus solitaire du monde.
Si l’histoire ne concerne pas l’auditeur, il s’en désintéresse. Je crois pouvoir énoncer cette règle : une histoire, si elle veut être grande et se perpétuer, doit toucher chacun de nous.
Samuel savait chevaucher un livre et garder son équilibre au milieu des idées, comme un homme qui descend un torrent tumultueux en canoë. Mais Tom creusait entre les idées, faisait son tunnel comme une taupe et ressortait à la surface, le visage et les mains tâchés de lecture.
Il est trop facile de s’abandonner à la paresse, à la faiblesse, de se jeter aux pieds du dieu, de s’y cacher le visage en disant : « Je n’y puis rien, ma route est tracée ».
Il y a plus de beauté dans la vérité, même si c’est une horrible vérité.
Il faut bien que quelqu’un torde le cou au destin. Si de temps à autre, quelqu’un ne lui faisait pas un pied de nez, l’humanité vivrait encore dans les branches des arbres.
L’homme qui cultive vraiment l’art de la conversation est celui qui décide ses interlocuteurs à parler.
La notion de seconde prend de plus en plus d’importance dans les activités humaines et bientôt ce sera un dixième de seconde, puis un centième, jusqu’au jour – je ne crois pas qu’il vienne – où l’homme fatigué dira : « Et puis, après tout, qu’est-ce qu’une heure dans la vie d’un homme ? »
Tout n’existe que pour un jour, ce qui se souvient et ce dont on se souvient. Observe que tout chose ne prend place que par changement, et accoutume-toi à considérer que la nature n’aime rien tant que de changer ce qui est, pour le remplacer par ce qui lui ressemble. Car tout ce qui existe est la semence de ce qui sera .
mardi 18 mars 2014
"Outsiders" de Susan Eloïse Hinton
Je ne sais plus exactement mais je crois que j'étais en train de regarder les livres d'auteurs américains et je suis tombé sur "Outsiders" de Susan Eloïse Hinton. Le résumé m'a tenté et je l'ai lu !
L'histoire se déroule en 1966 à Tucsa (Oklahoma) et décrit le quotidien de deux bandes rivales divisées selon leur statut socio-économique. Les Socs, jeunesse dorée de la ville, et les Greasers, loubards aux blousons noirs et cheveux gominés, se livrent une guerre sans merci. Le roman raconte le quotidien de Ponyboy Curtis, un Greaser de 14 ans. Sa vie va basculer le jour où un Soc est assassiné et devenir un hors la loi.
J'ai adoré ce livre ! Très simple à lire et surtout passionnant ! Le fossé social américain des années 60-70 est magnifiquement mis en lumière dans cette suite d’événements dramatiques. Un bel exemple d'apprentissage de la vie, qui a eu un tel succès auprès des lecteurs, que Francis Ford Coppola l'a adapté au cinéma avec Matt Dillon dans le rôle principal.
Extraits choisis
Au fond on était tous les mêmes. Je me disais qu’après tout il n’y avait peut-être que l’argent qui nous séparait.
Sais-tu ce que c’est, que d’avoir plus que ce que tu peux souhaiter ? Si bien que tu ne peux plus rien désirer et que tu commences à chercher de quoi tu pourrais bien avoir envie ? C’est comme si on cherchait sans cesse ce qui pourrait nous satisfaire, sans jamais le trouver.
Peut-être que les deux mondes dans lesquels on vivait n’étaient pas si différents, après tout. Puisque nous regardions les mêmes couchers de soleil…
L'histoire se déroule en 1966 à Tucsa (Oklahoma) et décrit le quotidien de deux bandes rivales divisées selon leur statut socio-économique. Les Socs, jeunesse dorée de la ville, et les Greasers, loubards aux blousons noirs et cheveux gominés, se livrent une guerre sans merci. Le roman raconte le quotidien de Ponyboy Curtis, un Greaser de 14 ans. Sa vie va basculer le jour où un Soc est assassiné et devenir un hors la loi.
J'ai adoré ce livre ! Très simple à lire et surtout passionnant ! Le fossé social américain des années 60-70 est magnifiquement mis en lumière dans cette suite d’événements dramatiques. Un bel exemple d'apprentissage de la vie, qui a eu un tel succès auprès des lecteurs, que Francis Ford Coppola l'a adapté au cinéma avec Matt Dillon dans le rôle principal.
Extraits choisis
Au fond on était tous les mêmes. Je me disais qu’après tout il n’y avait peut-être que l’argent qui nous séparait.
Sais-tu ce que c’est, que d’avoir plus que ce que tu peux souhaiter ? Si bien que tu ne peux plus rien désirer et que tu commences à chercher de quoi tu pourrais bien avoir envie ? C’est comme si on cherchait sans cesse ce qui pourrait nous satisfaire, sans jamais le trouver.
Peut-être que les deux mondes dans lesquels on vivait n’étaient pas si différents, après tout. Puisque nous regardions les mêmes couchers de soleil…
samedi 8 mars 2014
"Alice au pays des merveilles" de Lewis Carroll
Retour aux classiques de la littérature avec "Alice au pays des merveilles" de Lewis Carroll. J'avais une vague idée du film d'animation de Disney quand j'ai commencé la lecture. J'avais plus présent à l'esprit la version de Tim Burton - critique à relire ici - avec son univers coloré et rocambolesque. Je me suis donc plongé presque vierge dans le conte original de Lewis Carroll.
L'histoire commence et on prend vite nos repères avec des passages qui nous semblent si familiers !
[…] brusquement, un Lapin Blanc aux yeux roses passa en courant près d’elle. Ceci n’avait rien de particulièrement remarquable ; et Alice ne trouva pas non plus tellement bizarre d’entendre le Lapin se dire à mi-voix : « Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! Je ais en retard ! »
Cette fois, elle y vit un petit flacon (il n’y était sûrement pas tout à l’heure, dit-elle) portant autour du goulot une étiquette de papier sur laquelle étaient imprimés en grosses lettres ces deux mots : BOIS MOI.
Bien que la trame reste la même, j'ai été surpris de découvrir qu'une multitude de détails et d'aventures ont simplement été supprimés dans la version de Tim Burton. Ces détails sont cependant conservés dans le dessin animé de Disney. A la lecture du conte, on se rend compte des messages que veut faire passer l'auteur. Le premier est que la vie nous semble ennuyeuse quand on est un enfant.
Alice avait tellement pris l’habitude de s’attendre à des choses extravagantes, qu’il lui paraissait ennuyeux et stupide de voir la vie continuer de façon normale.
De ce point de vue-là, Tim Burton a accentué la folie du pays des merveilles. Tout est surréaliste, coloré et ingénu. A l'inverse, l'auteur montre aussi le piège que représente ce monde. Rien n'est normal, la logique a été abandonnée au profit de la folie.
- « En ce cas, tu devrais dire ce que tu penses »
- « Mais c’est ce que je fais », répondit Alice vivement. « Du moins… Du moins…. Je pense ce que je dis… et c’est la même chose n’est-ce pas ?
- -« Mais pas du tout ! » s’exclama le Chapelier. « C’est comme si tu disais que : « Je vois ce que je mange », c’est la même chose que « Je mange ce que je vois ! »
- « C’est comme si tu disais , reprit le Lièvre de Mars, que « J’aime ce que j’ai », c’est la même chose que « J’ai ce que j’aime ! »
Je suis entièrement d’accord avec toi, dit le Duchesse ; Et la morale de ce fait est « Mieux vaut être que paraître » ou, pour parler plus clairement « Ne te crois jamais différente de ce qui aurait pu paraître aux autres que ce que tu étais ou aurais pu être n’était pas différent de ce que tu avais été qui aurait pu leur paraître différent »
En me renseignant un peu plus, j'ai appris que le livre n'était pas destiné aux enfants à l'origine - et je comprends mieux certains passages maintenant. L'écriture fut reprise une seconde fois pour les enfants en conservant les personnages merveilleux, si attrayants pour le jeune public. Le fait de relire ce conte à un "âge plus mature" m'a permis de l'apprécier d'autant plus qu'il recèle des passages qui peuvent être interprétés à double sens. Je ne pense pas que j'ai l'esprit tordu pourtant ?! Peut-être que cela vous incitera-t-il à le relire ! :-)
En conséquence, elle dit : « Où est ma chatte ? » ce qui était la première phrase dans son manuel de français. (…) et puis c’est si doux de la caresser ; enfin, elle est vraiment de première force pour attraper les souris…
L'histoire commence et on prend vite nos repères avec des passages qui nous semblent si familiers !
[…] brusquement, un Lapin Blanc aux yeux roses passa en courant près d’elle. Ceci n’avait rien de particulièrement remarquable ; et Alice ne trouva pas non plus tellement bizarre d’entendre le Lapin se dire à mi-voix : « Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! Je ais en retard ! »
Cette fois, elle y vit un petit flacon (il n’y était sûrement pas tout à l’heure, dit-elle) portant autour du goulot une étiquette de papier sur laquelle étaient imprimés en grosses lettres ces deux mots : BOIS MOI.
Bien que la trame reste la même, j'ai été surpris de découvrir qu'une multitude de détails et d'aventures ont simplement été supprimés dans la version de Tim Burton. Ces détails sont cependant conservés dans le dessin animé de Disney. A la lecture du conte, on se rend compte des messages que veut faire passer l'auteur. Le premier est que la vie nous semble ennuyeuse quand on est un enfant.
Alice avait tellement pris l’habitude de s’attendre à des choses extravagantes, qu’il lui paraissait ennuyeux et stupide de voir la vie continuer de façon normale.
De ce point de vue-là, Tim Burton a accentué la folie du pays des merveilles. Tout est surréaliste, coloré et ingénu. A l'inverse, l'auteur montre aussi le piège que représente ce monde. Rien n'est normal, la logique a été abandonnée au profit de la folie.
- « En ce cas, tu devrais dire ce que tu penses »
- « Mais c’est ce que je fais », répondit Alice vivement. « Du moins… Du moins…. Je pense ce que je dis… et c’est la même chose n’est-ce pas ?
- -« Mais pas du tout ! » s’exclama le Chapelier. « C’est comme si tu disais que : « Je vois ce que je mange », c’est la même chose que « Je mange ce que je vois ! »
- « C’est comme si tu disais , reprit le Lièvre de Mars, que « J’aime ce que j’ai », c’est la même chose que « J’ai ce que j’aime ! »
Je suis entièrement d’accord avec toi, dit le Duchesse ; Et la morale de ce fait est « Mieux vaut être que paraître » ou, pour parler plus clairement « Ne te crois jamais différente de ce qui aurait pu paraître aux autres que ce que tu étais ou aurais pu être n’était pas différent de ce que tu avais été qui aurait pu leur paraître différent »
En me renseignant un peu plus, j'ai appris que le livre n'était pas destiné aux enfants à l'origine - et je comprends mieux certains passages maintenant. L'écriture fut reprise une seconde fois pour les enfants en conservant les personnages merveilleux, si attrayants pour le jeune public. Le fait de relire ce conte à un "âge plus mature" m'a permis de l'apprécier d'autant plus qu'il recèle des passages qui peuvent être interprétés à double sens. Je ne pense pas que j'ai l'esprit tordu pourtant ?! Peut-être que cela vous incitera-t-il à le relire ! :-)
En conséquence, elle dit : « Où est ma chatte ? » ce qui était la première phrase dans son manuel de français. (…) et puis c’est si doux de la caresser ; enfin, elle est vraiment de première force pour attraper les souris…
mercredi 5 mars 2014
La fabuleuse histoire de la fellation
J'ai lu dans le Huffington Post que Thierry Leguay venait de sortir "La fabuleuse histoire de la fellation" (Editions La Musardine).
Je n'ai pas encore lu son livre mais je tiens à lui faire une place d'honneur car la fellation méritait bien un livre ! Thierry Leguay, professeur de lettres, en propose une étude documentée, en cherchant simplement à mettre en lumière cette pratique, son histoire, ses techniques, ses variantes et sa philosophie. Tout un programme !
Dans l'article que j'ai lu, Thierry Leguay a décidé de nous "mettre en bouche" en nous divulguant quelques informations intéressantes sur la fellation. Il y explique notamment qu'Osiris était l'un des dieux préférés des Égyptiens. Il fut tué et démembré par son frère Seth (dieu des ténèbres). Son épouse et sœur, Isis, reforma son corps. Anubis lui procura un pénis et Isis redonna vie à son frère en le suçant. C'est la couverture du livre et cette image très explicite est conservée au British Museum.
La fellation ne date pas donc d'hier ! On peut le vérifier de nos propres yeux en allant à Pompéi - j'ai visité un lupanar ! Des inscriptions nous apprennent les noms de prostituées (Lahis, Myrtis, Veneria) et même leurs tarifs ! Lahis fellat assibus duobus veut bien "Lahis pratique la fellation pour un demi-sesterce". Sachant que le salaire moyen de l'époque était de 5000 sesterces, cela ne faisait donc pas cher la pipe !
On en rigole mais avec le temps, la sexualité a connu bien des revers avec notamment le développement des religions. Au 5ème siècle, la fellation était passible de 3 à 15 ans de pénitence (autant que pour un meurtre !) chez les catholiques irlandais. Pour finir sur une note plus optimiste et vous inciter à lire le livre, que serait la fellation sans la langue... Qui ne s'est jamais amuser avec les contrepèteries ?! En voici quelques-unes relatives au sujet du livre !
- La généticienne pratique des mutations félines.
- Le mathématicien veut connaître l'effet de la translation.
- Elles sont mordantes, les pipelettes de Pau.
Je n'ai pas encore lu son livre mais je tiens à lui faire une place d'honneur car la fellation méritait bien un livre ! Thierry Leguay, professeur de lettres, en propose une étude documentée, en cherchant simplement à mettre en lumière cette pratique, son histoire, ses techniques, ses variantes et sa philosophie. Tout un programme !
Dans l'article que j'ai lu, Thierry Leguay a décidé de nous "mettre en bouche" en nous divulguant quelques informations intéressantes sur la fellation. Il y explique notamment qu'Osiris était l'un des dieux préférés des Égyptiens. Il fut tué et démembré par son frère Seth (dieu des ténèbres). Son épouse et sœur, Isis, reforma son corps. Anubis lui procura un pénis et Isis redonna vie à son frère en le suçant. C'est la couverture du livre et cette image très explicite est conservée au British Museum.
La fellation ne date pas donc d'hier ! On peut le vérifier de nos propres yeux en allant à Pompéi - j'ai visité un lupanar ! Des inscriptions nous apprennent les noms de prostituées (Lahis, Myrtis, Veneria) et même leurs tarifs ! Lahis fellat assibus duobus veut bien "Lahis pratique la fellation pour un demi-sesterce". Sachant que le salaire moyen de l'époque était de 5000 sesterces, cela ne faisait donc pas cher la pipe !
On en rigole mais avec le temps, la sexualité a connu bien des revers avec notamment le développement des religions. Au 5ème siècle, la fellation était passible de 3 à 15 ans de pénitence (autant que pour un meurtre !) chez les catholiques irlandais. Pour finir sur une note plus optimiste et vous inciter à lire le livre, que serait la fellation sans la langue... Qui ne s'est jamais amuser avec les contrepèteries ?! En voici quelques-unes relatives au sujet du livre !
- La généticienne pratique des mutations félines.
- Le mathématicien veut connaître l'effet de la translation.
- Elles sont mordantes, les pipelettes de Pau.
mardi 25 février 2014
"Les secrets de Paris" de Clémentine Portier-Kaltenbach
Ma grand-mère et ma tante m'ont offert "Les secrets de Paris" de Clémentine Portier-Kaltenbach. Je viens d'en finir la lecture.
Clémentine Portier-Kaltenbach est une journaliste passionnée d'histoire. Dans ce livre, au fil du temps et de l'Histoire, elle nous révèle les détails que l'on ignore et ces petites choses qui passent inaperçues. Mieux que "Les secrets de Paris", j'aurai appelé ce livre "Anecdotes parisiennes" ! En effet, on pense tout savoir de Paris mais dans ce livre, l'auteure nous raconte la Ville Lumière d'une autre manière. C'est au travers d'actes peu connus ou de sujets qui semblent anecdotiques qu'on apprend beaucoup de choses sur les lieux, monuments, statues, etc... On apprend l'Histoire par l'insolite et c'est vraiment réjouissant !
Je ne pourrai pas citer tous les passages intéressants du livre tellement il y en a ! L’histoire des gens qui ont donné leurs noms aux rues de Paris, où se trouvent les restes (insolites) de gens célèbres, l’histoire des personnes ayant à ma grande surprise vécu à Paris si longtemps (Jefferson président des USA, Mozart, etc...), etc... Il y a bien sûr des anecdotes qui m'ont vraiment fait vibrer de plaisir ! J'en partage quelques unes avec vous !
Outre l’Histoire du Pont-Neuf qui est très intéressante, celle des deux chevaux du même pont l’est encore plus. La sculpture actuelle renferme plein de trésors ! A vous de les découvrir en lisant le livre ! Je ne savais pas aussi que les parisiens jouaient tant au tennis. Entre 1250 et 1650, la capitale de la raquette était Paris ! Au début du 17ème siècle, paris comptait plus de 250 jeux de paume ! D'ailleurs, le mot même de "tennis" vient de "tennetz", "tenir" en vieux français.
Si l'on reste dans l'étymologie, l'expression "se prendre une balle dans le buffet" vient du premier fonctionnaire de la préfecture de Police, tué le 9 Mars 1904 lors d'une course poursuite. Il s'agissait d'un certain Buffet ! De même, savez-vous qu'un général de camp de Louis XIII d'origine italienne eut l'idée d'embaumer les peaux à partir desquelles étaient confectionnés ses gants d'un parfum à base d'amamnde. Les pâtissiers parisiens s'inspirèrent de cette idée pour garnir leur galette des rois et lui donnèrent le nom du maréchal en question : Pompéo Frangipani ! Un peu plus triste, j'ai appris qu'il y avait tellement d'abandons à Paris au début du 19ème siècle que la municipalité a créé des "tours d'abandons". Le musée de l'Assistance publique (5ème) expose l'une de ces tours si vous êtes intéressé(e).
Pour finir, l'anecdote qui m'a fait hurler de rire est celle de la tombe de Victor Noir au Père Lachaise. il s'agit d'un journaliste de 21 ans mort lors d'un duel. Sa tombe le représente tel qu'il était le jour de sa mort dans la minute qui suivit le drame. Il a donc... une érection - rigidité cadavérique ?! Il parait que cela porte bonheur d'aller lui lustrer la braguette... lol La preuve en image !
Bref, vous l'aurez compris un livre passionnant qu'il est bon d'avoir dans sa bibliothèque !
Clémentine Portier-Kaltenbach est une journaliste passionnée d'histoire. Dans ce livre, au fil du temps et de l'Histoire, elle nous révèle les détails que l'on ignore et ces petites choses qui passent inaperçues. Mieux que "Les secrets de Paris", j'aurai appelé ce livre "Anecdotes parisiennes" ! En effet, on pense tout savoir de Paris mais dans ce livre, l'auteure nous raconte la Ville Lumière d'une autre manière. C'est au travers d'actes peu connus ou de sujets qui semblent anecdotiques qu'on apprend beaucoup de choses sur les lieux, monuments, statues, etc... On apprend l'Histoire par l'insolite et c'est vraiment réjouissant !
Je ne pourrai pas citer tous les passages intéressants du livre tellement il y en a ! L’histoire des gens qui ont donné leurs noms aux rues de Paris, où se trouvent les restes (insolites) de gens célèbres, l’histoire des personnes ayant à ma grande surprise vécu à Paris si longtemps (Jefferson président des USA, Mozart, etc...), etc... Il y a bien sûr des anecdotes qui m'ont vraiment fait vibrer de plaisir ! J'en partage quelques unes avec vous !
Outre l’Histoire du Pont-Neuf qui est très intéressante, celle des deux chevaux du même pont l’est encore plus. La sculpture actuelle renferme plein de trésors ! A vous de les découvrir en lisant le livre ! Je ne savais pas aussi que les parisiens jouaient tant au tennis. Entre 1250 et 1650, la capitale de la raquette était Paris ! Au début du 17ème siècle, paris comptait plus de 250 jeux de paume ! D'ailleurs, le mot même de "tennis" vient de "tennetz", "tenir" en vieux français.
Si l'on reste dans l'étymologie, l'expression "se prendre une balle dans le buffet" vient du premier fonctionnaire de la préfecture de Police, tué le 9 Mars 1904 lors d'une course poursuite. Il s'agissait d'un certain Buffet ! De même, savez-vous qu'un général de camp de Louis XIII d'origine italienne eut l'idée d'embaumer les peaux à partir desquelles étaient confectionnés ses gants d'un parfum à base d'amamnde. Les pâtissiers parisiens s'inspirèrent de cette idée pour garnir leur galette des rois et lui donnèrent le nom du maréchal en question : Pompéo Frangipani ! Un peu plus triste, j'ai appris qu'il y avait tellement d'abandons à Paris au début du 19ème siècle que la municipalité a créé des "tours d'abandons". Le musée de l'Assistance publique (5ème) expose l'une de ces tours si vous êtes intéressé(e).
Pour finir, l'anecdote qui m'a fait hurler de rire est celle de la tombe de Victor Noir au Père Lachaise. il s'agit d'un journaliste de 21 ans mort lors d'un duel. Sa tombe le représente tel qu'il était le jour de sa mort dans la minute qui suivit le drame. Il a donc... une érection - rigidité cadavérique ?! Il parait que cela porte bonheur d'aller lui lustrer la braguette... lol La preuve en image !
Bref, vous l'aurez compris un livre passionnant qu'il est bon d'avoir dans sa bibliothèque !
lundi 10 février 2014
"Les Historiettes" de Tallemant des Réaux
Tout a commencé quand j'ai lu un article de Libération sur 10 chefs-d'œuvre format livre de poche à avoir pour les vacances. j'ai été surpris d'y trouver un auteur que je ne connaissais pas du tout, Gédéon Tallemant des Réaux. Je me suis donc mis à lire son chef d'oeuvre, les Historiettes.
Les Historiettes décrit l’histoire politique et littéraire du 17ème siècle. Gédéon Tallemant des Réaux y recueille les souvenirs personnels et les conversations qu'il a eu à partir de 1657 avec des personnes telles que Richelieu, Henri IV, Louis XIII, Corneille, Pascal, La Fontaine, etc... Vous vous dites : "De la littérature du 17ème siècle, très peu pour moi !" Et bien, détrompez-vous !! La première publication des Historiettes est demeurée manuscrite (et clandestine). Il a fallu attendre son impression en 1834 pour les découvrir ! Pourquoi ? Comme l'explique la préface, "Tallemant a été l’objet d’une accusation grave, sa plume est loin d’être chaste ; il raconte avec une blâmable complaisance des anecdotes scandaleuses, et il foule aux pieds des bienséances qui doivent toujours être respectées". Tallemant des Réaux était un peu de Jean-Marc Morandini (toute proportion gardée). Il a écrit ces chroniques "people" de la Cour pendant toute sa vie. Il a méthodiquement écarté tout ce qui semblait important, politique, sérieux, historique, et n’a gardé que le ragot scabreux ! Vous imaginez donc pourquoi on a publié ce texte deux siècles après sa composition ! Et même presque 400 ans après, le scandale est immédiat ! Ce qui rappeler par ces mots de l'auteur.
Et l’on découvrit alors, non sans quelque surprise : que les mœurs ne changent jamais ; que les hommes – et les femmes, donc ! – sont toujours les mêmes ; que les époques soupçonnées de vertu sont celles dont on ignore provisoirement l’histoire secrète.
Honnêtement, la lecture vous paraîtra fastidieuse. Les histoires s'enchaînent avec plein de personnes que l'on ne connait pas et qui avaient probablement une importance certaine à l'époque. Difficiles donc de se régaler à 100% ! Des témoignages indépendants ont établi l’exactitude des propos de Tallemant des Réaux, ce qui renforce le côté scandaleux et peu vertueux de l'époque. Mieux qu'un Closer car il s'agit aussi de littérature ! C'est très bien écrit en vieux françois. J'ai aimé le format des dernières pages avec des historiettes plus courtes et plus variées. Je vous encourage donc à leur lecture et pour cela, voici quelques extraits !
Henri IV a eu une quantité de maîtresses ; il n’étoit pourtant pas grand abatteur de bois ; aussi étoit-il toujours cocu. (…) il puoit comme charogne. Elle disoit vrai, il avoit les pieds et le gousset fin, et quand la feue Reine-mère coucha avec lui pour la première fois, quelque bien garnie qu’elle fût d’essences de son pays, elle ne laissa pas que d’en être terriblement parfumée.
Il avoit remarqué que le Roi avoit déjà un peu d’inclination pour ce jeune seigneur, qui étoit beau et bien fait, et il crut qu’étant le fils d’un homme qui étoit sa créature, il seroit plus soumis à ses volontés qu’un autre.
Marais, son bouffon, disoit au Roi : « Il y a deux choses à votre métier dont je ne pourrois accommoder. –Hé ! quoi ? – De manger tout seul et de ch… en compagnie.
A propos de cela, M. de Guise, comme ils dînoient ensemble, lui ayant dit : « Qu’y-a-t-il entre un cocu et un autre ? – Une table, » répondit-il, car ils n’étoient pas du même côté.
Comme il passoit un enterrement où on portoit un crucifix, il ôta son chapeau : « Ah ! lui dit-on, voilà qui est de bon exemple. – Nous nous saluons, répondit-il, mais nous ne nous parlons pas. »
Cette femme en un pays où l’adultère eût été permis, eût été une femme fort raisonnable, car on dit, comme elle s’en vante, qu’elle ne s’est jamais donnée qu’à d’honnêtes gens.
« Mademoiselle, n’avez-vous point perdu votre pucelage ? – Hélas ! Monsieur, dit la mère, elle est si négligeante qu’elle pourroit bien l’avoir laissé quelque part avec ses coiffes.
Fontenay était de fort amoureuse manière : il a cajolé une infinité de personnes ; et quoique ce fût une fille à qui il en contoit, il ne l’appeloit jamais autrement que belle Dame.
On dit que lui, Fontenay, et quelques autres extravagants voulurent éprouver de quelle façon on tombe quand on est sur un arbre que l’on a coupéé le pied. On ne m’a su dire s’il y en eut de blessés.
Henri IV, à Poissy, demanda à la petite de Maupeou, depuis abbesse de Saint-Jacques-de-Vitry : « Qui est votre père, mignonne ? – C’est le bon Dieu, Sire. – Ventre saint-gris ! je voudrois bien être son gendre. »
La charge la plus difficile à exercer à la cour est celle de fille d’honneur.
Les Historiettes décrit l’histoire politique et littéraire du 17ème siècle. Gédéon Tallemant des Réaux y recueille les souvenirs personnels et les conversations qu'il a eu à partir de 1657 avec des personnes telles que Richelieu, Henri IV, Louis XIII, Corneille, Pascal, La Fontaine, etc... Vous vous dites : "De la littérature du 17ème siècle, très peu pour moi !" Et bien, détrompez-vous !! La première publication des Historiettes est demeurée manuscrite (et clandestine). Il a fallu attendre son impression en 1834 pour les découvrir ! Pourquoi ? Comme l'explique la préface, "Tallemant a été l’objet d’une accusation grave, sa plume est loin d’être chaste ; il raconte avec une blâmable complaisance des anecdotes scandaleuses, et il foule aux pieds des bienséances qui doivent toujours être respectées". Tallemant des Réaux était un peu de Jean-Marc Morandini (toute proportion gardée). Il a écrit ces chroniques "people" de la Cour pendant toute sa vie. Il a méthodiquement écarté tout ce qui semblait important, politique, sérieux, historique, et n’a gardé que le ragot scabreux ! Vous imaginez donc pourquoi on a publié ce texte deux siècles après sa composition ! Et même presque 400 ans après, le scandale est immédiat ! Ce qui rappeler par ces mots de l'auteur.
Et l’on découvrit alors, non sans quelque surprise : que les mœurs ne changent jamais ; que les hommes – et les femmes, donc ! – sont toujours les mêmes ; que les époques soupçonnées de vertu sont celles dont on ignore provisoirement l’histoire secrète.
Honnêtement, la lecture vous paraîtra fastidieuse. Les histoires s'enchaînent avec plein de personnes que l'on ne connait pas et qui avaient probablement une importance certaine à l'époque. Difficiles donc de se régaler à 100% ! Des témoignages indépendants ont établi l’exactitude des propos de Tallemant des Réaux, ce qui renforce le côté scandaleux et peu vertueux de l'époque. Mieux qu'un Closer car il s'agit aussi de littérature ! C'est très bien écrit en vieux françois. J'ai aimé le format des dernières pages avec des historiettes plus courtes et plus variées. Je vous encourage donc à leur lecture et pour cela, voici quelques extraits !
Henri IV a eu une quantité de maîtresses ; il n’étoit pourtant pas grand abatteur de bois ; aussi étoit-il toujours cocu. (…) il puoit comme charogne. Elle disoit vrai, il avoit les pieds et le gousset fin, et quand la feue Reine-mère coucha avec lui pour la première fois, quelque bien garnie qu’elle fût d’essences de son pays, elle ne laissa pas que d’en être terriblement parfumée.
Il avoit remarqué que le Roi avoit déjà un peu d’inclination pour ce jeune seigneur, qui étoit beau et bien fait, et il crut qu’étant le fils d’un homme qui étoit sa créature, il seroit plus soumis à ses volontés qu’un autre.
Marais, son bouffon, disoit au Roi : « Il y a deux choses à votre métier dont je ne pourrois accommoder. –Hé ! quoi ? – De manger tout seul et de ch… en compagnie.
A propos de cela, M. de Guise, comme ils dînoient ensemble, lui ayant dit : « Qu’y-a-t-il entre un cocu et un autre ? – Une table, » répondit-il, car ils n’étoient pas du même côté.
Comme il passoit un enterrement où on portoit un crucifix, il ôta son chapeau : « Ah ! lui dit-on, voilà qui est de bon exemple. – Nous nous saluons, répondit-il, mais nous ne nous parlons pas. »
Cette femme en un pays où l’adultère eût été permis, eût été une femme fort raisonnable, car on dit, comme elle s’en vante, qu’elle ne s’est jamais donnée qu’à d’honnêtes gens.
« Mademoiselle, n’avez-vous point perdu votre pucelage ? – Hélas ! Monsieur, dit la mère, elle est si négligeante qu’elle pourroit bien l’avoir laissé quelque part avec ses coiffes.
Fontenay était de fort amoureuse manière : il a cajolé une infinité de personnes ; et quoique ce fût une fille à qui il en contoit, il ne l’appeloit jamais autrement que belle Dame.
On dit que lui, Fontenay, et quelques autres extravagants voulurent éprouver de quelle façon on tombe quand on est sur un arbre que l’on a coupéé le pied. On ne m’a su dire s’il y en eut de blessés.
Henri IV, à Poissy, demanda à la petite de Maupeou, depuis abbesse de Saint-Jacques-de-Vitry : « Qui est votre père, mignonne ? – C’est le bon Dieu, Sire. – Ventre saint-gris ! je voudrois bien être son gendre. »
La charge la plus difficile à exercer à la cour est celle de fille d’honneur.
jeudi 6 février 2014
L'homosexualité est-elle biologique ?
Je viens de lire dans le Nouvel Observateur, une très bonne interview de Jacques Balthazart pour la sortie de son livre "Biologie de l’homosexualité". Je ne polémiquerai pas sur la stupidité des commentaires de cet article mais plutôt sur le fond que je trouve intéressant. La plupart des ouvrages publiés sur le sujet présentent l’homosexualité comme la résultante d’une enfance ou d’un environnement particulier. Cependant, on peut se poser la question d'une composante biologique de l’homosexualité et essayer de comprendre comment une caractéristique comportementale assez sophistiquée peut être éventuellement déterminée par des facteurs biologiques.
Jacques Balthazart est à la tête du Groupe de recherches en neuroendocrinologie du comportement à l’université de Liège. Il étudie les mécanismes hormonaux et nerveux qui contrôlent les comportements dits instinctifs. Les hormones pendant la vie embryonnaire ou les premiers stades du développement après la naissance ont un impact important. Elles modifient la structure du cerveau à un stade précis du développement et ce, de manière irréversible. Loin de moi l'idée de lister les articles scientifiques mais plutôt d'en discuter les conclusions. Ces données scientifiques montrent les effets génétiques indirects de l'effet organisateur des hormones. Par exemple, il est possible de fabriquer des rats et des furets mâles qui deviennent homosexuels ou bisexuels à tendance homosexuelle, en manipulant les conditions hormonales. Cependant, rien ne prouve que ce déterminisme hormonal existe aussi chez l’homme. On peut mettre en avant la continuité évolutive des espèces mais il ne faut pas oublier que le cortex est une structure plus développée chez l'Homme et encore moins sous-estimer l'impact de l’éducation sur nos comportements - on n'est pas que des animaux !
Devient-on homosexuel ou naît-on homosexuel ? Pour ma part, je ne pense pas que l'incidence hormonale suffise à expliquer l’orientation sexuelle. Dans toute étude que vous ferez essayant de lier le biologique au comportemental, vous aurez une variance importante. Il existe peut-être une composante génétique mais il est facile de démontrer le tout et son contraire. Prenons le cas de vrais jumeaux qui ont le même patrimoine génétique.
Exemple 1 : Ce documentaire Red without blue qui raconte l'histoire de deux frères jumeaux identiques dont la relation est remise en question lorsque l'un décide de faire la transition d'homme à femme. Le deuxième frère est quant à lui homosexuel. Même s'il y a le problème de l'identité sexuelle, on peut parler dans ce cas précis d'une composante génétique.
Exemple 2 : Les frères Conquet - article à relire ici. L'un est hétérosexuel, l'autre est homosexuel. Difficile dans ce cas précis de parler de composante génétique.
Bref, rien n'est blanc ou noir ! Et je peux être aussi provocatif : comment expliquer que l’évolution, qui vise à maximiser la reproduction, ait permis l'apparition et la persistance de l'homosexualité ? Il est important de savoir que la fréquence de l’homosexualité est à peu près constante dans toutes les sociétés et à toutes les époques. L'homosexualité ne serait-elle donc pas une construction culturelle ?! L'éternel débat est plus que jamais relancé !
Jacques Balthazart est à la tête du Groupe de recherches en neuroendocrinologie du comportement à l’université de Liège. Il étudie les mécanismes hormonaux et nerveux qui contrôlent les comportements dits instinctifs. Les hormones pendant la vie embryonnaire ou les premiers stades du développement après la naissance ont un impact important. Elles modifient la structure du cerveau à un stade précis du développement et ce, de manière irréversible. Loin de moi l'idée de lister les articles scientifiques mais plutôt d'en discuter les conclusions. Ces données scientifiques montrent les effets génétiques indirects de l'effet organisateur des hormones. Par exemple, il est possible de fabriquer des rats et des furets mâles qui deviennent homosexuels ou bisexuels à tendance homosexuelle, en manipulant les conditions hormonales. Cependant, rien ne prouve que ce déterminisme hormonal existe aussi chez l’homme. On peut mettre en avant la continuité évolutive des espèces mais il ne faut pas oublier que le cortex est une structure plus développée chez l'Homme et encore moins sous-estimer l'impact de l’éducation sur nos comportements - on n'est pas que des animaux !
Devient-on homosexuel ou naît-on homosexuel ? Pour ma part, je ne pense pas que l'incidence hormonale suffise à expliquer l’orientation sexuelle. Dans toute étude que vous ferez essayant de lier le biologique au comportemental, vous aurez une variance importante. Il existe peut-être une composante génétique mais il est facile de démontrer le tout et son contraire. Prenons le cas de vrais jumeaux qui ont le même patrimoine génétique.
Exemple 1 : Ce documentaire Red without blue qui raconte l'histoire de deux frères jumeaux identiques dont la relation est remise en question lorsque l'un décide de faire la transition d'homme à femme. Le deuxième frère est quant à lui homosexuel. Même s'il y a le problème de l'identité sexuelle, on peut parler dans ce cas précis d'une composante génétique.
Exemple 2 : Les frères Conquet - article à relire ici. L'un est hétérosexuel, l'autre est homosexuel. Difficile dans ce cas précis de parler de composante génétique.
Bref, rien n'est blanc ou noir ! Et je peux être aussi provocatif : comment expliquer que l’évolution, qui vise à maximiser la reproduction, ait permis l'apparition et la persistance de l'homosexualité ? Il est important de savoir que la fréquence de l’homosexualité est à peu près constante dans toutes les sociétés et à toutes les époques. L'homosexualité ne serait-elle donc pas une construction culturelle ?! L'éternel débat est plus que jamais relancé !
mardi 28 janvier 2014
"Le déclic" de Jérôme Onof
J'ai lu il y a quelques jours "Mabouls de cristal" de Jérôme Onof - critique à relire ici. J'ai tellement aimé que j'avais enchaîné directement avec la suite que je viens de finir !
Le personnage central, Léo Rubin, reste mais il n'y a plus le personnage de Léa. L'auteur a su cependant créer de nouveaux personnages tout aussi attachants et fantaisistes qui donnent une note d'humour à ce roman policier très noir. Oui, il y a des meurtres et difficile de savoir qui est vraiment le meurtrier. Léo le comprendra d'autant plus quand lui même se retrouvera accuser d'un meurtre après avoir pris une simple photo en bord de mer... Je n'en dis pas plus sur l'intrigue, à vous de lire ce très bon roman !
Extrait choisi
Il avait déjà défenestré, poignardé, empoisonné, étranglé et même écrasé, mais jamais fait boire la tasse. Une sorte de baptême, sauf qu'il avait utilisé de l'eau du robinet à la place de l'eau bénite.
Le personnage central, Léo Rubin, reste mais il n'y a plus le personnage de Léa. L'auteur a su cependant créer de nouveaux personnages tout aussi attachants et fantaisistes qui donnent une note d'humour à ce roman policier très noir. Oui, il y a des meurtres et difficile de savoir qui est vraiment le meurtrier. Léo le comprendra d'autant plus quand lui même se retrouvera accuser d'un meurtre après avoir pris une simple photo en bord de mer... Je n'en dis pas plus sur l'intrigue, à vous de lire ce très bon roman !
Extrait choisi
Il avait déjà défenestré, poignardé, empoisonné, étranglé et même écrasé, mais jamais fait boire la tasse. Une sorte de baptême, sauf qu'il avait utilisé de l'eau du robinet à la place de l'eau bénite.
dimanche 19 janvier 2014
"Mabouls de cristal" de Jérôme Onof
Histoire de faire une pause dans mes classiques de la littérature, j'ai décidé de lire quelques livres auto-publiés par Amazon. La suite de "La femme sans peur" (volume 3) de Jean-Philippe Touzeau est enfin en ligne, je me suis donc empressé de la lire. Les deux précédents volumes m'avaient laissé sur un avis mitigé - critique à relire ici. Ce nouvel opus est définitivement plus excitant et plein de rebondissements. L'intrigue se déroule entre l'Italie et les Etats-Unis. Le style est toujours très simple mais on sent que l'auteur a fait beaucoup plus de recherches géographiques et philosophiques. Quelques extraits :
"Nous devenons malheureux à partir de l'instant où ne nous écoutons plus, où nous faisons comme les autres, où nous suivons ce que dit la vedette du moment. Il faut prêter attention à ce que nous dit notre coeur sinon, on s'oublie et on ne veut que ressembler à quelqu'un qui n'est pas nous."
"Chez vous, comme dans beaucoup de pays développés, après la mini-révolution féminine des années 1970, la femme a voulu être l'égale de l'homme, mais sur son terrain à lui. Faire les mêmes choses, agir comme lui. cela a souvent donné celles qu'on a appelé les wonderwomen des années 1980, qui ont réussi mais qui y ont perdu leur féminité et rejeté leur instinct de mère, sans pour autant remplacer les hommes."
Bien sûr, il y aura un volume 4 mais pour cela, il va falloir encore attendre au moins 6 mois ! En attendant, j'ai enchaîné avec "Mabouls de cristal" de Jérôme Onof.
Je dois vous avouer que le titre m'a fait un peu peur. J'ai donc commencé le roman sur une grande hésitation. Fin du premier chapitre, le ton est donné et l'enquête commence ! Je n'ai pas envie de vous donner la trame de l'histoire, le mieux est que vous commenciez à lire et à vous prendre au jeu de l'enquête ! Cela parle de voyance et il y a beaucoup de morts ! Les personnages sont attachants à l'image de cette Léa qui n'a pas sa langue dans sa poche. La preuve en extrait.
"- Et donc c'est une...
- Une salope. S'il lui sortait du cul autant de saucisses qu'il lui est entré de quéquette, elle pourrait faire barbecue pour cinq tous les jours de l'année...
- C'est élégant.
- C'est un démon. Elle manipule et bousille tout autour d'elle, juste pour le plaisir de couiner trois fois.
- Trois fois ?
- Peut-être même deux. Vu la cadence qu'elle s'impose, elle n'a sans doute pas assez de temps pour faire des vocalises."
Le livre a tellement été une bonne surprise que je me lance dans la suite, "Le déclic" ! En espérant que vous l'ayez aussi concernant cette lecture ! ;-)
"Nous devenons malheureux à partir de l'instant où ne nous écoutons plus, où nous faisons comme les autres, où nous suivons ce que dit la vedette du moment. Il faut prêter attention à ce que nous dit notre coeur sinon, on s'oublie et on ne veut que ressembler à quelqu'un qui n'est pas nous."
"Chez vous, comme dans beaucoup de pays développés, après la mini-révolution féminine des années 1970, la femme a voulu être l'égale de l'homme, mais sur son terrain à lui. Faire les mêmes choses, agir comme lui. cela a souvent donné celles qu'on a appelé les wonderwomen des années 1980, qui ont réussi mais qui y ont perdu leur féminité et rejeté leur instinct de mère, sans pour autant remplacer les hommes."
Bien sûr, il y aura un volume 4 mais pour cela, il va falloir encore attendre au moins 6 mois ! En attendant, j'ai enchaîné avec "Mabouls de cristal" de Jérôme Onof.
Je dois vous avouer que le titre m'a fait un peu peur. J'ai donc commencé le roman sur une grande hésitation. Fin du premier chapitre, le ton est donné et l'enquête commence ! Je n'ai pas envie de vous donner la trame de l'histoire, le mieux est que vous commenciez à lire et à vous prendre au jeu de l'enquête ! Cela parle de voyance et il y a beaucoup de morts ! Les personnages sont attachants à l'image de cette Léa qui n'a pas sa langue dans sa poche. La preuve en extrait.
"- Et donc c'est une...
- Une salope. S'il lui sortait du cul autant de saucisses qu'il lui est entré de quéquette, elle pourrait faire barbecue pour cinq tous les jours de l'année...
- C'est élégant.
- C'est un démon. Elle manipule et bousille tout autour d'elle, juste pour le plaisir de couiner trois fois.
- Trois fois ?
- Peut-être même deux. Vu la cadence qu'elle s'impose, elle n'a sans doute pas assez de temps pour faire des vocalises."
Le livre a tellement été une bonne surprise que je me lance dans la suite, "Le déclic" ! En espérant que vous l'ayez aussi concernant cette lecture ! ;-)
lundi 30 décembre 2013
Maria Chapdelaine : récit du Canada français
Je viens de finir "Maria Chapdelaine : récit du Canada français" de Louis Hémon, le premier livre que ma grand-ùère a voulu que je lui charge sur son Kindle. Ce roman a été le premier livre que lui a offert mon arrière grand-père. Il n'en fallait pas plus pour m'inciter à sa lecture !
"Maria Chapdelaine" a été écrit en 1913 par Louis Hémon lorsqu’il résidait à Péribonka, près du lac Saint-Jean, parmi les pionniers défricheurs de la forêt canadienne. Ces hommes lui ont servi de modèles pour écrire ce roman, qui est considéré comme son chef d'oeuvre. L’histoire est celle de Maria qui, à 18 ans, vit sur une terre de colonisation au Lac Saint-Jean. Il est tant de penser à son avenir surtout lorsque 3 hommes la courtisent ! Trois vies s'offrent à elle, quel choix fera-t-elle ?
La première chose qui vous étonnera est que l'auteur reprend le français québécois avec ses emplois locaux et autres québécismes. Vous aurez donc des "Salut un chacun" (bonjour tout le monde), des "la terre est bonne par icitte" (par ici) ou encore des "Et par les chars, on n’est qu’à une heure de Boston. Ca c’est une grosse place." (En voiture, Boston n'est qu'à une heure et c'est une grosse ville). La nature et l'hiver ont une place importante dans le roman, tout comme les valeurs traditionnelles canadienne (terre, famille et religion). Quelques extraits pour vous en rendre compte.
"Et le sujet en fut tout naturellement l’éternelle lamentation canadienne : la plainte sans révolte contre le fardeau écrasant du long hiver".
"La terre canadienne se débarrassa des derniers vestiges de l’hiver avec une sorte de rudesse hâtive, comme par crainte de l’autre hiver qui venait déjà".
"Il lui semble que quelqu’un lui a chuchoté longtemps que le monde et la vie étaient des choses grises ; La routine du travail journalier, coupée de plaisirs incomplets et passagers ; les années qui s’écoulent, monotones, la rencontre d’un jeune homme tout pareil aux autres, dont la cour patiente et gaie finit par attendrir ; le mariage, et puis une longue suite d’années presque semblables aux précédentes, dans une autre maison. C’est comme cela qu’on vit, a dit la voix. Ce n’est pas bien terrible et en tout cas il faut s’y soumettre ; mais c’est uni, terne et froid comme un champ d’automne".
Bien sûr, le fil de ce roman va être la décision de Maria. Il y a une part d'universalité dans la vie de Maria et comprendre son choix permet aussi de réfléchir à sa propre vie. Ne jamais avoir de regrets !
"Vivre ainsi, aussi durement, aussi bravement, et laisser tant de regrets derrière soi, peu de femmes en étaient capables".
"Maria Chapdelaine" a été écrit en 1913 par Louis Hémon lorsqu’il résidait à Péribonka, près du lac Saint-Jean, parmi les pionniers défricheurs de la forêt canadienne. Ces hommes lui ont servi de modèles pour écrire ce roman, qui est considéré comme son chef d'oeuvre. L’histoire est celle de Maria qui, à 18 ans, vit sur une terre de colonisation au Lac Saint-Jean. Il est tant de penser à son avenir surtout lorsque 3 hommes la courtisent ! Trois vies s'offrent à elle, quel choix fera-t-elle ?
La première chose qui vous étonnera est que l'auteur reprend le français québécois avec ses emplois locaux et autres québécismes. Vous aurez donc des "Salut un chacun" (bonjour tout le monde), des "la terre est bonne par icitte" (par ici) ou encore des "Et par les chars, on n’est qu’à une heure de Boston. Ca c’est une grosse place." (En voiture, Boston n'est qu'à une heure et c'est une grosse ville). La nature et l'hiver ont une place importante dans le roman, tout comme les valeurs traditionnelles canadienne (terre, famille et religion). Quelques extraits pour vous en rendre compte.
"Et le sujet en fut tout naturellement l’éternelle lamentation canadienne : la plainte sans révolte contre le fardeau écrasant du long hiver".
"La terre canadienne se débarrassa des derniers vestiges de l’hiver avec une sorte de rudesse hâtive, comme par crainte de l’autre hiver qui venait déjà".
"Il lui semble que quelqu’un lui a chuchoté longtemps que le monde et la vie étaient des choses grises ; La routine du travail journalier, coupée de plaisirs incomplets et passagers ; les années qui s’écoulent, monotones, la rencontre d’un jeune homme tout pareil aux autres, dont la cour patiente et gaie finit par attendrir ; le mariage, et puis une longue suite d’années presque semblables aux précédentes, dans une autre maison. C’est comme cela qu’on vit, a dit la voix. Ce n’est pas bien terrible et en tout cas il faut s’y soumettre ; mais c’est uni, terne et froid comme un champ d’automne".
Bien sûr, le fil de ce roman va être la décision de Maria. Il y a une part d'universalité dans la vie de Maria et comprendre son choix permet aussi de réfléchir à sa propre vie. Ne jamais avoir de regrets !
"Vivre ainsi, aussi durement, aussi bravement, et laisser tant de regrets derrière soi, peu de femmes en étaient capables".
mercredi 18 décembre 2013
"Moby Dick" de Herman Melville
Je poursuis toujours dans mes classiques. Cette semaine, je vais vous parler de "Moby Dick" d'Herman Melville.
Je vous préviens à l'avance que cet article va être long ! Ce livre m'a tellement marqué que je vous dois de vous raconter cette expérience comme elle s'est produite. Je n'avais jamais lu le livre bien que je l'ai dans ma bibliothèque. "Une histoire de baleine probablement..." me disais-je ! Et bien un peu plus en réalité ! J'ai mis plus de 3 semaines à lire le livre tellement il est conséquent ! Lorsque vous commencez la lecture, vous avez un préambule qui regroupe presque la totalité des mentions faites à la baleine dans la littérature. Ma réaction : waouh, le boulot ! Et vous avez du détail.
Le diamètre de l’aorte d’une baleine est plus grand que celui de la conduite d’eau principale de London-bridge et le rugissement dans la canalisation est moindre en violence et en rapidité que celui du sang jaillissant du cœur d’une baleine (Paley, Theologie naturelle).
On sent déjà que l'auteur maîtrise son sujet jusqu'à l'étymologie de la baleine !
Quand vous assumez d’enseigner les autres et de leur apprendre comment appeler la baleine (whale-fish) en notre langue, omettant par ignorance la lettre H qui à elle seule contient presque tout le sens du mot, vous ne respectez pas la vérité.
Wahle en suédois et hval en danois. Sa rondeur et sa nage en roulis valent son nom à cet animal ; car en danois hvalt signifie : en arche, en voûte.
Vous commencez ensuite l'histoire. Vous faites la connaissance du personnage et vous êtes vite arrêté dans le récit par un essai sur la mer. Thèse, antithèse et synthèse ! Ma réaction : Ah ouais, c'est vraiment du lourd ! Ces réflexions philosophiques sont vraiment très intéressantes.
Cette noblesse dont je parle n'est pas celle des rois et des magistrats, c'est une noblesse sans limites qui n'est pas investie par la robe. Tu la verras briller dans le bras qui lève la piocche ou qui plante le clou, cette dignité du peuple.
Rire est la réponse la plus sage à l'étrangeté.
Ce qui est incroyable, c'est ce mélange des genres. Essai philosophique, narration et même poésie !
Alors après l'essai sur la mer, vous avez celui sur la blancheur ! Et l'auteur nous provoque !
Mais, vas-tu penser, ce chapitre de céruse sur la blancheur n'est que le pavillon blanc hissé par une âme poltronne, tu rends les armes à l'hypocondrie, Ismaël.
Vous avez aussi un chapitre ou deux sur les peintures de baleines avec une narration descriptive spectaculaire. Préparez le dictionnaire quand vous trouvez des mots comme méphistophélique ! Oui, ça veut dire diabolique... On passe au chapitre suivant et on se demande presque où est le récit ! En effet, l'auteur recommence...
Ce chapitre est aussi important que n'importe quel autre de ce livre, sans faire à proprement parler partie du récit, car il traite de quelques habitudes intéressantes et singulières du cachalot.
On s'en lasserait presque mais l'auteur sait nous tenir.
La plupart des terriens sont tellement ignorants des merveilles les plus évidentes et les plus manifestes de ce monde que sans quelques références à des faits précis, historiques ou autres, de la pêcherie, ils pourraient voir en Moby Dick une fable monstrueuse ou, ce qui serait détestable et plus grave, une allégorie hideuse et intolérable.
Vous l'aurez compris, l'auteur a un but : nous faire tout connaître de la baleine avant qu'on sache vraiment l'histoire de Moby Dick. Après un chapitre sur la baleine en nourriture, plusieurs chapitres sont également consacrés à l'anatomie de la baleine en se basant sur son expérience et en se moquant des reproductions de l'époque par des gens qui n'y connaissaient rien.
Je ne voudrais pas paraître inélégant mais cette vilaine baleine ressemble beaucoup à une truie amputée.
La palme de la maladresse revient à Frédéric Cuvier [qui] a publié une Histoire Naturelle des cétacés, dans laquelle il donne ce qu'il appelle une image du cachalot. (...) En un mot, le cachalot de Cuvier n'est pas un cachalot, c'est une courge.
La plupart de ces dessins ont été faits d'après des poissons échoués, ce qui équivaut à représenter un navire d'après une épave.
En plus, Herman Melville a de l'humour ! Vous avez donc ensuite "La baleine pour les nuls" avec une anatomie de la tête suivie d'une éloge/essai philosophique sur son souffle ou encore mieux... sa queue ! L'auteur nous re-provoque !
Puisque j'ai entrepris de manier le léviathan, il m'incombe de me montrer à la hauteur de ma tâche, de ne pas négliger la plus minuscule cellule de son sang et de raconter jusqu'au moindre repli de ses entrailles.
Quand l'auteur en a finit avec sa tâche, il revient au récit. On a enfin toutes les cartes en main pour découvrir et comprendre Moby Dick, cette baleine que le capitaine Achab recherche en vain depuis de nombreux mois. Je ne vous ferai pas de résumé mais c'est exactement ce que je me disais quand j'étais plus jeune : une histoire de baleine. Mais une grande et belle histoire puisque, après sa lecture, je considère Moby Dick comme l'un des dix plus grands et importants romans de la littérature. En espérant que mon article soit à la hauteur de l'estime que je porte au livre et à son auteur. Le dernier mot lui revient.
Un thème si vaste et si généreux est exaltant ! On se dilate à sa dimension. Pour faire un livre puissant il convient de choisir un sujet puissant. On ne pourra jamais écrire une oeuvre grande ni durable sur la puce, si nombreux que soient ceux qui s'y sont essayés.
Je vous préviens à l'avance que cet article va être long ! Ce livre m'a tellement marqué que je vous dois de vous raconter cette expérience comme elle s'est produite. Je n'avais jamais lu le livre bien que je l'ai dans ma bibliothèque. "Une histoire de baleine probablement..." me disais-je ! Et bien un peu plus en réalité ! J'ai mis plus de 3 semaines à lire le livre tellement il est conséquent ! Lorsque vous commencez la lecture, vous avez un préambule qui regroupe presque la totalité des mentions faites à la baleine dans la littérature. Ma réaction : waouh, le boulot ! Et vous avez du détail.
Le diamètre de l’aorte d’une baleine est plus grand que celui de la conduite d’eau principale de London-bridge et le rugissement dans la canalisation est moindre en violence et en rapidité que celui du sang jaillissant du cœur d’une baleine (Paley, Theologie naturelle).
On sent déjà que l'auteur maîtrise son sujet jusqu'à l'étymologie de la baleine !
Quand vous assumez d’enseigner les autres et de leur apprendre comment appeler la baleine (whale-fish) en notre langue, omettant par ignorance la lettre H qui à elle seule contient presque tout le sens du mot, vous ne respectez pas la vérité.
Wahle en suédois et hval en danois. Sa rondeur et sa nage en roulis valent son nom à cet animal ; car en danois hvalt signifie : en arche, en voûte.
Vous commencez ensuite l'histoire. Vous faites la connaissance du personnage et vous êtes vite arrêté dans le récit par un essai sur la mer. Thèse, antithèse et synthèse ! Ma réaction : Ah ouais, c'est vraiment du lourd ! Ces réflexions philosophiques sont vraiment très intéressantes.
Cette noblesse dont je parle n'est pas celle des rois et des magistrats, c'est une noblesse sans limites qui n'est pas investie par la robe. Tu la verras briller dans le bras qui lève la piocche ou qui plante le clou, cette dignité du peuple.
Rire est la réponse la plus sage à l'étrangeté.
Ce qui est incroyable, c'est ce mélange des genres. Essai philosophique, narration et même poésie !
Nous boirons, ce soir, à la santé de l'amour
D'un coeur léger, gai et volage
Comme les bulles qui, au bord de la coupe
Éclatent sur nos lèvres.
Alors après l'essai sur la mer, vous avez celui sur la blancheur ! Et l'auteur nous provoque !
Mais, vas-tu penser, ce chapitre de céruse sur la blancheur n'est que le pavillon blanc hissé par une âme poltronne, tu rends les armes à l'hypocondrie, Ismaël.
Vous avez aussi un chapitre ou deux sur les peintures de baleines avec une narration descriptive spectaculaire. Préparez le dictionnaire quand vous trouvez des mots comme méphistophélique ! Oui, ça veut dire diabolique... On passe au chapitre suivant et on se demande presque où est le récit ! En effet, l'auteur recommence...
Ce chapitre est aussi important que n'importe quel autre de ce livre, sans faire à proprement parler partie du récit, car il traite de quelques habitudes intéressantes et singulières du cachalot.
On s'en lasserait presque mais l'auteur sait nous tenir.
La plupart des terriens sont tellement ignorants des merveilles les plus évidentes et les plus manifestes de ce monde que sans quelques références à des faits précis, historiques ou autres, de la pêcherie, ils pourraient voir en Moby Dick une fable monstrueuse ou, ce qui serait détestable et plus grave, une allégorie hideuse et intolérable.
Vous l'aurez compris, l'auteur a un but : nous faire tout connaître de la baleine avant qu'on sache vraiment l'histoire de Moby Dick. Après un chapitre sur la baleine en nourriture, plusieurs chapitres sont également consacrés à l'anatomie de la baleine en se basant sur son expérience et en se moquant des reproductions de l'époque par des gens qui n'y connaissaient rien.
Je ne voudrais pas paraître inélégant mais cette vilaine baleine ressemble beaucoup à une truie amputée.
La palme de la maladresse revient à Frédéric Cuvier [qui] a publié une Histoire Naturelle des cétacés, dans laquelle il donne ce qu'il appelle une image du cachalot. (...) En un mot, le cachalot de Cuvier n'est pas un cachalot, c'est une courge.
La plupart de ces dessins ont été faits d'après des poissons échoués, ce qui équivaut à représenter un navire d'après une épave.
En plus, Herman Melville a de l'humour ! Vous avez donc ensuite "La baleine pour les nuls" avec une anatomie de la tête suivie d'une éloge/essai philosophique sur son souffle ou encore mieux... sa queue ! L'auteur nous re-provoque !
Puisque j'ai entrepris de manier le léviathan, il m'incombe de me montrer à la hauteur de ma tâche, de ne pas négliger la plus minuscule cellule de son sang et de raconter jusqu'au moindre repli de ses entrailles.
Quand l'auteur en a finit avec sa tâche, il revient au récit. On a enfin toutes les cartes en main pour découvrir et comprendre Moby Dick, cette baleine que le capitaine Achab recherche en vain depuis de nombreux mois. Je ne vous ferai pas de résumé mais c'est exactement ce que je me disais quand j'étais plus jeune : une histoire de baleine. Mais une grande et belle histoire puisque, après sa lecture, je considère Moby Dick comme l'un des dix plus grands et importants romans de la littérature. En espérant que mon article soit à la hauteur de l'estime que je porte au livre et à son auteur. Le dernier mot lui revient.
Un thème si vaste et si généreux est exaltant ! On se dilate à sa dimension. Pour faire un livre puissant il convient de choisir un sujet puissant. On ne pourra jamais écrire une oeuvre grande ni durable sur la puce, si nombreux que soient ceux qui s'y sont essayés.
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