Dernier livre de la sélection choisie par ma mère pour mon anniversaire : "Elle marchait sur un fil" de Philippe Delerm.
Ce roman raconte l'histoire de Marie, cinquante ans, qui vient d'être quittée par son compagnon et se retrouve seule. Marie ne conçoit pas son existence sans réalisation littéraire ou théâtrale. Et c'est aussi pour cela qu'elle entretient des rapports difficiles avec Étienne, son fils, qui a dû renoncer à une carrière de comédien. Alors perdue, Marie rencontre un groupe de jeunes comédiens qui lui ouvre de nouveaux horizons et décide de se lancer dans ce qui représente l’aboutissement d’une vie : la création d’une pièce de théâtre.
C'est la première fois que je lisais un roman de Philippe Delerm et j'ai adoré ! Le roman s'attaque à une question intéressante : que reste-t-il à créer lorsqu'on entame la seconde partie de sa vie ? L'histoire trace le portrait fragile d'une femme en équilibre "sur le fil de sa vie". Le style est simple, précis et à je-ne-sais-quoi de mélancolique. La fin m'a surprise et n'est autre qu'une métaphore d'un désir, d'une vie "funambule".
Morceaux choisis
Les joueuses du casino devaient avoir des emplois du temps similaires. Le matin les courses, une fois par semaine le coiffeur. Les feux de l’amour à la télé, peut-être, et puis le casino, le vrai moment de la journée. Certaines avaient été heureuses, utiles, et d’autres moins. Elles ne manquaient pas de grand-chose et elles manquaient de tout. Un désir mécanique et froid, sans contours, sans partage. Elles jouaient. Combien de temps encore avant La Petite Madeleine ?
C’est ça qui est le plus dur, je crois. Ne pas savoir quand il a commencé à ne plus être avec moi. En ce moment, j’essaie de vivre dans l’instant, de m’étourdir un peu. Mais après, il faudra regarder en arrière, sans jamais bien savoir ou situer la ligne de démarcation.
Agnès était encore belle, Marie encore jolie. Elles le savaient, comme elles savaient la mélancolie de cet encore. Des hommes leur feraient la cour. Elles ne seraient pas flattées mais reconnaissantes, et plus jamais agacées. Elles les dissuaderaient tout en douceur, garderaient parfois pour eux de l’amitié, ou peut-être un peu plus, sans jamais leur donner d’emprise sur leur vie.
Marie lui avait fait comprendre que son existence allait être un peu bousculée, et qu’elle réduirait le caractère littéraire de son succès probable en apparaissant trop à la télévision, et même en parlant trop à la radio. Sa façon de voir la vie risquerait d’être réduite alors à un physique, une appartenance sociologique identifiables. « Le monde à portée de main » n’apparaitrait plus que comme une production logique, dont l’originalité disparaitrait.
Et je quitte peut-être aussi des gens qui m’aiment pour des chimères et pour des gens que je connais a peine. Je suis sans doute folle. Mais je sens ou le feu de la vie me brûle. J’ai tellement envie de brûler. Et tant pis si je quitte un peu les autres. Je n’en pouvais plus d’être quittée.
Peut-être, ou peut-être pas. Ca me choque de vivre dans une société ou la mélancolie, la tristesse sont des fautes , qu’on n’avoue pas aux autres, et peut-être même a soi-même.
samedi 27 septembre 2014
vendredi 26 septembre 2014
Ne pas avoir la langue dans sa poche !
Je viens de lire un excellent article dans l'Express sur notre langue nationale, le français ! J'en partage avec vous les grandes lignes pour ouvrir la discussion.
Le français n'a pas toujours été la langue principalement parlée en France. Il a été choisi par volonté politique et sociale ! Le français était au départ un dialecte comme les autres (breton, basque, etc...), mais il était celui du Roi ! Le français était alors marginal . Au 18eme siècle, seulement 3 des 25 millions de Français le comprennent, principalement à Paris et dans les régions proches. Ailleurs, ce sont les langues régionales qui dominent ! Mais les nobles et les bourgeois de Province adoptent de plus en plus la langue nationale pour le simple fait d'une distinction sociale. Il est toujours mieux de parler la langue du Roi !
Les élites et plus tard la "République" ont continué à imposer le français comme la norme. Au 19eme siècle, toute ascension sociale ne peut se faire sans la langue française. Dans l'intérêt de leurs enfants, les parents cessent peu à peu de parler leur langue régionale à la maison. Les dialectes sont alors associés à un sentiment de honte et de culpabilité. Il faut attendre le 20eme siècle pour que la francisation du pays soit considérée comme achevée, en particulier avec l'apparition de médias de masse.
Ce qui est intéressant aujourd'hui est que ces langues, privées de statut et de prestige, connaissent un indéniable renouveau. Elles s'enseignent, se publient et se répandent sur Internet. Elles ont regagné en prestige ce qu'elles ont perdu en locuteurs. Les Français, perdus dans la mondialisation, se chercheraient-ils des racines ? Sachez que les langues régionales possèdent une richesse parfois supérieure au français. Par exemple, en poitevin, il existe le genre neutre, en plus du masculin et du féminin ! Cette richesse, on la retrouve dans le français puisque toutes les langues régionales ont offert des mots au français. Voici une petite sélection qui j'espère vous incitera à vous intéresser, découvrir et pourquoi pas pratiquer la langue de "chez vous !"
du basque : bizarre
du breton: bijou (de bizou "anneau" et biz "doigt"), baragouiner (de bara, "pain", et gwin, "vin")
du catalan: bandoulière, baraque
du corse: maquis, vendetta
du franco-provençal: échantillon, piolet
des langues germaniques: vidange (flamand), quiche (alsacien), besogne, buée, fauteuil (francique)
des langues d'oc: béret, cadet, cadenas, banquette, cassolette, nougat, palombe
des langues d'oïl : avoine, brioche, brancard, câble, canevas, croire, étroit
Le français n'a pas toujours été la langue principalement parlée en France. Il a été choisi par volonté politique et sociale ! Le français était au départ un dialecte comme les autres (breton, basque, etc...), mais il était celui du Roi ! Le français était alors marginal . Au 18eme siècle, seulement 3 des 25 millions de Français le comprennent, principalement à Paris et dans les régions proches. Ailleurs, ce sont les langues régionales qui dominent ! Mais les nobles et les bourgeois de Province adoptent de plus en plus la langue nationale pour le simple fait d'une distinction sociale. Il est toujours mieux de parler la langue du Roi !
Les élites et plus tard la "République" ont continué à imposer le français comme la norme. Au 19eme siècle, toute ascension sociale ne peut se faire sans la langue française. Dans l'intérêt de leurs enfants, les parents cessent peu à peu de parler leur langue régionale à la maison. Les dialectes sont alors associés à un sentiment de honte et de culpabilité. Il faut attendre le 20eme siècle pour que la francisation du pays soit considérée comme achevée, en particulier avec l'apparition de médias de masse.
Ce qui est intéressant aujourd'hui est que ces langues, privées de statut et de prestige, connaissent un indéniable renouveau. Elles s'enseignent, se publient et se répandent sur Internet. Elles ont regagné en prestige ce qu'elles ont perdu en locuteurs. Les Français, perdus dans la mondialisation, se chercheraient-ils des racines ? Sachez que les langues régionales possèdent une richesse parfois supérieure au français. Par exemple, en poitevin, il existe le genre neutre, en plus du masculin et du féminin ! Cette richesse, on la retrouve dans le français puisque toutes les langues régionales ont offert des mots au français. Voici une petite sélection qui j'espère vous incitera à vous intéresser, découvrir et pourquoi pas pratiquer la langue de "chez vous !"
du basque : bizarre
du breton: bijou (de bizou "anneau" et biz "doigt"), baragouiner (de bara, "pain", et gwin, "vin")
du catalan: bandoulière, baraque
du corse: maquis, vendetta
du franco-provençal: échantillon, piolet
des langues germaniques: vidange (flamand), quiche (alsacien), besogne, buée, fauteuil (francique)
des langues d'oc: béret, cadet, cadenas, banquette, cassolette, nougat, palombe
des langues d'oïl : avoine, brioche, brancard, câble, canevas, croire, étroit
jeudi 25 septembre 2014
Hââbré, The Last Generation
Je voulais partager avec vous la magnifique série photos de Joana Choumali, "Hââbré, The Last Generation". En Kô, ce mot "Hââbré" signifie "écrire", mais désigne aussi la pratique de la scarification en Afrique de l'ouest. De la Papouasie Nouvelle-Guinée à l'Éthiopie, les cicatrices sont autant de manières d'exprimer une identité, que ce soit l'appartenance à une communauté, le passage à l'âge adulte ou une connexion avec un groupe spirituel. La scarification consiste à pratiquer des incisions superficielles sur la peau à l'aide de pierres, de verre ou de couteaux.
La pratique était courante il y a bien des années et elle a peu à peu disparu. En effet, les porteurs de cicatrices furent de plus en plus moqués dans les zones urbaines en expansion et les pressions sociales et gouvernementales ont également accéléré la disparition progressive de la scarification. Avec cette série Hââbré, Joana Choumali a voulu montrer cette dernière génération qui vit avec des cicatrices sur le visage pour ne pas oublier. Un beau travail que vous pouvez retrouver sur le site de la photographe - ici.
La pratique était courante il y a bien des années et elle a peu à peu disparu. En effet, les porteurs de cicatrices furent de plus en plus moqués dans les zones urbaines en expansion et les pressions sociales et gouvernementales ont également accéléré la disparition progressive de la scarification. Avec cette série Hââbré, Joana Choumali a voulu montrer cette dernière génération qui vit avec des cicatrices sur le visage pour ne pas oublier. Un beau travail que vous pouvez retrouver sur le site de la photographe - ici.
mercredi 24 septembre 2014
Un ver ou un verre ?!
Des chercheurs de l'Université du Texas viennent de publier dans The Journal of Neuroscience, une étude qui montre comment une mutation d'un unique gène peut bloquer les effets néfastes de l'alcool chez le ver Caenorhabditis elegans. Je trouve cela fascinant et je vous explique pourquoi !
Ca, c'est un ver Caenorhabditis elegans. Maintenant, imaginez dans quel état vous seriez si vous nagiez de même dans une piscine d'alcool ? Les vers sont pareils ! Cependant, en mutant dans le génome du ver un seul et unique gène (le canal potassium SLO-1 qui provoque les effets de l'alcool au cerveau), les chercheurs sont parvenus à rendre les vers insensibles à l'alcool ! Ce gène est aussi important pour la régulation de l'activité des vaisseaux sanguins, des neurones et de l'urètre. Les chercheurs ont donc dû trouver une mutation permettant au canal de potassium de fonctionner normalement tout en empêchant l'alcool de l'activer. Ils ont fini par trouver la bonne mutation, celle qui empêche les vers d'être saouls sans bloquer ses autres fonctions !
De cette découverte, les chercheurs espèrent développer des médicaments qui auraient le même effet chez les souris, dans l'objectif de pouvoir éventuellement faire un test sur les hommes. Si un médicament avait le même effet que la mutation, on pourrait aider des gens à surpasser leur addiction et les effets du manque. Un bel espoir pour le développement de nouveaux traitements contre l'alcoolisme !
NB : Pour ceux que cela intéresse, l'article est ici !
Ca, c'est un ver Caenorhabditis elegans. Maintenant, imaginez dans quel état vous seriez si vous nagiez de même dans une piscine d'alcool ? Les vers sont pareils ! Cependant, en mutant dans le génome du ver un seul et unique gène (le canal potassium SLO-1 qui provoque les effets de l'alcool au cerveau), les chercheurs sont parvenus à rendre les vers insensibles à l'alcool ! Ce gène est aussi important pour la régulation de l'activité des vaisseaux sanguins, des neurones et de l'urètre. Les chercheurs ont donc dû trouver une mutation permettant au canal de potassium de fonctionner normalement tout en empêchant l'alcool de l'activer. Ils ont fini par trouver la bonne mutation, celle qui empêche les vers d'être saouls sans bloquer ses autres fonctions !
De cette découverte, les chercheurs espèrent développer des médicaments qui auraient le même effet chez les souris, dans l'objectif de pouvoir éventuellement faire un test sur les hommes. Si un médicament avait le même effet que la mutation, on pourrait aider des gens à surpasser leur addiction et les effets du manque. Un bel espoir pour le développement de nouveaux traitements contre l'alcoolisme !
NB : Pour ceux que cela intéresse, l'article est ici !
mardi 23 septembre 2014
Cute !
Je vous avais promis un peu plus d'amour et de sweetness sur ce blog. Après les animaux qui s'embrassent, une nouvelle série de photos d'animaux qui dorment avec leur doudou. Je ne sais pas pourquoi, cet article me rend heureux ! :-)
Et on finit par la meilleure, notre petite Kona ! Elle n'a pas sa peluche mais j'adore cette photo !
Et on finit par la meilleure, notre petite Kona ! Elle n'a pas sa peluche mais j'adore cette photo !
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